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Comment les boards français gouvernent

Les conseils d’administration français sont reconnus pour leur féminisation, mais doivent apporter des garanties quant à leur indépendance.

Bertrand Richard
Bertrand Richard

La France fait partie des pays les plus avancés en matière de gouvernance, indique Spencer Stuart dans la 19ème édition de son étude France Board Index. Ce cabinet de recrutement de cadres supérieurs souligne la progression de la féminisation des conseils d’administration et l’amélioration de leur fonctionnement, mais identifie aussi des éléments perfectibles, notamment en termes de taille.

« Dans certains domaines, la France a une position de pointe en matière de gouvernance, explique Bertrand Richard, associé chez Spencer Stuart. Sur le plan du fonctionnement des conseils, on peut notamment distinguer la diversité des conseils français, en termes de nationalité, de sexe et d’expériences, qui les font se distinguer de beaucoup de boards étrangers et les conditions de fonctionnement des conseils qui ne cessent de se professionnaliser ».

Les successions en question

Certains éléments peuvent néanmoins faire l’objet de progrès. Il faudrait notamment « lancer une véritable réflexion sur la notion d’indépendance car l’application des critères, tels qu’ils sont définis dans le code Afep-Medef, ne répond pas de façon adaptée à la question », explique Bertrand Richard. Cet ensemble de recommandations, élaboré par l’Association française des entreprises privées (Afep) et du Mouvement des entreprises de France (Medef), a été mis en place en 2008 et révisé en juin 2013.

De plus, il conviendrait de « mieux anticiper les successions au sein des conseils et mieux structurer leurs travaux du conseil en la matière pour ne pas être pris par surprise. Poser la question de la taille des conseils et de l’impact sur l’efficacité de leurs travaux » constituerait également une réflexion à mener, estime l’associé de Spencer Stuart.

Davantage de femmes dans les boards

« À ce jour, toutes les sociétés du CAC 40 ont au moins une femme dans leur conseil. Au 30 juin,  la proportion de sièges occupés par des  femmes dans les conseils du CAC 40 continue à progresser après les assemblées générales de 2014 pour atteindre 31%, et le pourcentage de femmes parmi la population des administrateurs s’élève à 33%. La progression s’est ralentie par rapport aux années précédentes, précise Bertrand Richard. En cinq ans, la proportion de sièges féminins a presque doublé ».

Des jetons de présence en légère hausse

« La rémunération moyenne d’un administrateur ou d’un membre du conseil de surveillance, pour ceux qui en perçoivent une (une soixantaine d’administrateurs en sont privés pour des raisons statutaires ou dans certaines entreprises où l’État est actionnaire), s’est légèrement accrue à 67115 € », complète l’associé.

« Un jeton supplémentaire est généralement versé aux membres de comités, ainsi qu’à leurs présidents. Il peut prendre la forme d’un jeton supplémentaire fixe, d’un jeton d’assiduité ou d’une combinaison des deux. Selon le mode de répartition, les responsabilités (parfois nombreuses) assumées par certains administrateurs dans les comités de leur conseil se traduisent par des rémunérations totales sensiblement supérieures à la moyenne », ajoute Bertrand Richard.

Photo : Businessman success world par Shutterstock

Publié dansEconomieEntreprisesManagement