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Cambusier compte remettre à l’honneur les liqueurs françaises

Mis à jour le 8 octobre 2017

Au printemps, les liqueurs françaises Cambusier ont fait leur apparition sur le marché. A terme, 13 produits, incarnant les régions, seront disponibles. Martin Smodis, président de l’entreprise basée à Nancy, présente le concept.

Pourquoi avez-vous souhaité remettre à l’honneur les liqueurs des régions françaises?

À l’origine, l’idée de remettre au goût du jour les liqueurs françaises est apparue quand nous nous sommes rendu compte, en 2016, de l’explosion de l’Aperol et des cocktails qui en découlaient. Énormément de bars ou restaurants l’avaient mis à leur carte et on voyait à table ou en terrasse des verres orangés partout. Une question s’est alors rapidement imposée à nous: comment une liqueur créée au début des années 1900 avait pu, en quelques mois, devenir la boisson du moment après des dizaines d’années oubliée de tous?

Quel était le brief de démarrage?

Étant lorrains, nous nous sommes rappelés de la liqueur de mirabelle, symbole de notre région. Elle dispose d’une vraie identité aromatique, et elle se marie aussi très bien avec de nombreux cocktails ou en kir. Forts de ce constat, nous nous sommes rapidement renseignés sur le processus de fabrication de celle-ci en allant visiter plusieurs distilleries et nous avons alors réfléchi sur comment remettre nous aussi au goût du jour cette liqueur qui avait disparu au fil des décennies et qui n’était consommée que par des personnes âgées en milieu rural, ou par des touristes. C’est en se renseignant sur l’histoire du terroir français que nous avons réalisé que chaque région avait sa ou ses liqueurs emblématiques et que leur consommation ne faisait que baisser par manque de notoriété et de consommateurs.

Comment avez-vous dressé la liste des recettes et choisi les producteurs des liqueurs?

Pour sélectionner nos artisans liquoristes, nous avons procédé méthodiquement région par région et avons démarché toutes les distilleries recensées afin d’avoir un spectre le plus large possible. À chaque sollicitation, notre concept a interpellé les professionnels et nous avons eu, à chaque fois, d’excellents retours dans le but de travailler. Nous avons alors fonctionné de la façon suivante : les artisans répondaient à notre appel d’offres et nous faisaient parvenir des échantillons de leur liqueur afin que nous puissions les déguster en compagnie d’un panel de consommateurs. Par la suite, en fonction des retours, nous sélectionnions, ensemble, la meilleure liqueur de chaque nouvelle région. Concernant les recettes de cocktails, il y a des grands classiques que nous avons pu reprendre mais également des recettes qui ont été élaborées spécialement pour nous par des mixologistes ainsi que des blogueurs réputés.

Issus d’horizons différents de l’agroalimentaire, comment avez-vous élaboré le projet?

Nous avons débuté à trois personnes : moi-même venant de la finance, où j’ai eu une expérience de deux ans dans l’audit financier au Luxembourg, Sidonie qui, en plus d’être ma sœur, est graphiste et Théo, qui travaille dans le secteur des produits de grande consommation et nous accompagne et nous conseille. À la base donc, aucun de nous ne venait du monde des spiritueux, ce qui a pu nous ralentir un peu au début, le temps de nous acclimater et de comprendre les codes sachant que ce secteur est extrêmement riche et diversifié, peuplé de passionnés. Au fil des découvertes, que ce soit en terme de spécificités régionales, de technicité, de savoir-faire, d’hommes passionnés par leur métier et bien entendu des liqueurs, nous nous sommes vraiment intéressés et pris de passion pour ces alcools un peu oubliés mais tellement emblématiques du terroir français.

Comment s’est déroulée votre campagne de crowdfunding?

Comme pas mal de jeunes entreprises, nous avons rapidement cherché des fonds pour pouvoir grandir et nous nous sommes naturellement tournés vers le crowdfunding. Grâce à la plateforme Ulule, nous avons pu lancer notre campagne sur 3 semaines et demi où nous avions pour objectif de rassembler 6.000 euros avec, à chaque fois, des contreparties adaptées à la somme investie (sacs, mignonettes, bouteilles ou verres). Nous avons donc fini par dépasser notre objectif !

Quels réseaux de distribution ciblez-vous?

Notre stratégie à court et moyen terme est multicanale, en effet nous ciblons de nombreux clients : les CHR, cavistes, épiceries fines et vente en direct principalement. Pour les atteindre et les convaincre, je suis tous les jours sur le terrain à leur rencontre et je suis accompagné depuis septembre par des agents commerciaux sur une grande partie du territoire. Malgré cette force de frappe, nous sommes également à la recherche d’un distributeur spécialisé pour continuer notre progression et bénéficier, en plus de sa force de vente, de sa connaissance du marché des spiritueux au global.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie