Le rendez-vous printanier des gourmets a repris ses quartiers dans la nef du Grand Palais en mai dernier. Pendant quatre jours, restaurants éphémères et grandes maisons de boissons se sont partagé la vedette. Tour d’horizon des assiettes et des verres qui ont marqué cette édition.
— Côté restaurants éphémères —
Elbi, la Méditerranée revisitée par Omar Dhiab
Installé rue de Paradis à Paris, le bistrot Elbi a fait le déplacement avec son chef Omar Dhiab, qui puise dans ses racines égyptiennes et tunisiennes. Sa proposition : des ravioles au poulpe bâties autour d’un jus de couscous classique réinventé en version gourmande, accompagnées d’une sauce entièrement végétale à base de carottes, de navets et d’huile d’olive. À la dégustation, le plat s’est révélé puissant, résolument marin, avec une longueur en bouche marquée.
Anona, l’équilibre selon Thibaut Spiwack

Le chef du restaurant parisien Anona a fait voyager le céleri sous toutes ses formes — rôti, en écume, en purée — associé au café, avec un condiment de champignons au poivre noir et une vierge de noix. Un plat signature, servi habituellement en entrée le soir et dans le menu dégustation du restaurant, pensé pour jouer sur quatre équilibres : le salé du champignon, le sucré, l’acidité et l’amertume du café et du céleri.
Gordon Ramsay au Trianon Palace : l’Italie en filigrane

Gabriele Ravasio, chef du restaurant Gordon Ramsay au Waldorf Astoria Trianon Palace de Versailles, a présenté trois assiettes marquées par ses influences italiennes : une volaille aux piments soufflés (piment jaune du Pérou), asperges et sauce poulet, dense et très gourmande; un tartare de daurade misant sur la fraîcheur et l’acidité, avec une ratatouille au combawa et un condiment poivre vert-citron noir, ainsi qu’un homard breton, plat signature de la maison, tout en tendreté, associé à la tomate, au basilic et à une bisque relevée d’un croustillant yuzu-soja.
— Côté produits —
Alain Milliat se décline en cocktails
Le spécialiste du jus de fruits a confié ses concentrés à diluer (passion-citron vert-poivre noir, mais aussi yuzu et gingembre) au barman indépendant Adrien Scalese. Au menu : un Pornstar Martini à base de concentré à diluer bio Fruits de la passion, et sa déclinaison sans alcool, où la vodka cède la place à un jus de raisin pétillant pinot noir maison.
Fédération Française de l’Apéritif, dix ans de circuits courts
Le réseau — trois boutiques en propre, une centrale d’achat, des franchises et une péniche estivale parisienne — fêtait ses dix ans avec une sélection artisanale : saucisson du Tarn de la charcuterie Millas, chips de sarrasin au sel de Guérande (coup de cœur) et le Poiscamole, un guacamole français à base de pois chiche en lieu et place de l’avocat.
Badoit joue la carte gastronomique

Partenaire historique du salon, Badoit a imaginé avec le barman Mathias Giroud (L’Alchimiste) un menu de cocktails en trois temps autour de Badoit Rouge : Infrarouge en entrée, misant sur le côté astringent de la cranberry, Fleur de Rubis en plat, Fraise Velours en dessert — un parti pris qui change des habituelles cartes de bulles.
Laurent-Perrier révêle les saveurs de son Brut Millésimé 2018

Laurent-Perrier faisait déguster son Brut Millésimé 2018, commercialisé depuis six mois et élevé en cuve inox. Au nez, du pain grillé ; en bouche, un champagne toasté, légèrement fumé, où pointent la noisette et les fruits à coque, avec une attaque franche suivie d’une finale plus douce. Son Ultra Brut jouait sur un registre différent : nez frais, bouche saline et moelleuse, portée par une pétillance fine qui persiste en fin de bouche.
Du nouveau au Château Sainte-Marguerite

La propriété provençale du groupe Pernod Ricard présentait deux nouveautés 2025 : un Symphonie Blanc 100 % rol, cru classé Côtes de Provence bio et végan, avec une tension initiale qui laisse ensuite place à de la rondeur, à associer à des poissons blancs ou des fruits de mer, et un Fantastique Rosé (50 % cinsault, 40 % grenache, 10 % rol), floral, généreux et ample.
Gallia cherche à surprendre

La marque du groupe Heineken, qui cherche à élargir son public au-delà des amateurs de bière classique, avait fait le choix d’un stand résolument tourné vers l’expérimentation. Deux références se distinguaient particulièrement. A tort ou à raisin, d’abord, une « vière », un mélange hybride de bière et de vin. Gallia associe rosé et merlot, pour un résultat marqué par une amertume franche et une acidité soutenue, avec des notes de raisin qui remontent en milieu de bouche.
La Pantincific (5%), ensuite, pensée comme un hommage aux origines pantinoises de la marque. Son esprit hazy se traduit par une bière fruitée et douce, aux arômes d’agrumes, rattrapée par une résine bien marquée façon houblonnage West Coast — un résultat à mi-chemin entre la blanche et l’IPA.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
