À Saint-Raphaël (Var), la Villa Mauresque entend capitaliser sur son positionnement de destination à part entière. L’hôtel 5 étoiles mise sur son patrimoine datant de 1881, une clientèle internationale, des séjours de quatre à cinq jours et une montée en gamme de ses 22 chambres.
À 5 kilomètres du centre-ville de Saint-Raphaël (Var), la Villa Mauresque cultive l’art de la déconnexion. “Les séjours y sont assez longs, de quatre à cinq jours, ce qui est assez atypique, puisque la durée tend à se réduire. Ici, c’est un écrin duquel nos clients ne souhaitent pas sortir”, confirme Christophe San José, le fondateur du groupe bordelais Le Boutique Hôtels Collection (LBHC), qui possède cet hôtel 5 étoiles, composé de 22 chambres et de deux restaurants, ouvert d’avril à octobre dans le quartier résidentiel de Boulouris.

L’hôtel compte de vastes jardins avec vue sur mer.
Dans un univers de l’hôtellerie en pleine mutation, la Villa Mauresque peut s’appuyer sur ses deux bâtiments datant de 1881, un parc de 4000 m², deux piscines et douze jacuzzis privatifs. Un port privé et des accessoires nautiques, comme des paddles, sont à disposition des résidents, sur une crique, même si l’établissement ne possède pas de plage.
A l’écart de l’agitation de la ville, ces atouts permettent de fidéliser les clients, confirme Christophe San José : “90% de nos clients viennent en direct. Dans le groupe, il s’agit du seul hôtel à atteindre un tel taux”, se réjouit-il. La clientèle, à 80% internationale, vient principalement d’Europe du Nord — Suisse, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni. L’établissement est aussi prisé pour les mariages, avec quatre à cinq privatisations complètes par an.
Un lieu de destination

L’hôtel compte deux piscines, dont l’une avec vue sur mer.
La Villa Mauresque est résolument un lieu de destination, qui invite à la flânerie. Même en l’espace d’une nuit, on y prend ses aises. La vue imprenable sur la mer, l’absence de bruit extérieur – un luxe dans la région – et le parc invitent à prendre son temps et à s’y promener comme on le ferait dans sa propre résidence. On y croise un public plus familial que dans d’autres hôtels, et on y vient volontiers avec son chien. On déambule en peignoir et en tongs, sans se soucier de la porosité avec la ville.
La position centrale de la ville sur la Côte d’Azur attire un public en recherche de ce type d’expérience : “Saint-Raphaël a été une belle station avant-guerre, mais est moins identifiée que Cannes ou Saint-Tropez. En revanche, nous sommes entre les deux”, précise Christophe San José.
“Il y a toujours une volonté de monter en gamme”

Dans cette belle chambre, on regrettera le choix d’une douche aux rideaux translucides en plein milieu du salon – idem pour les toilettes. L’ensemble est contemporain et élégant.

Dans notre chambre, une petite terrasse pour pouvoir se détendre.
Dans l’hôtel, qui compte 40 employés, dont une large partie de saisonniers qui sont logés – un atout pour les attirer dans une région aux loyers élevés – les chambres jouent la carte de l’espace. Dans l’une des chambres Elégance, on se plaît à s’installer sur une petite terrasse avec vue sur le jardin intérieur et la mer. L’intérieur est contemporain, tranchant avec le caractère historique du bâtiment. On regrettera seulement, dans l’une d’entre elles, la configuration hasardeuse de la salle de bains, répartie au milieu du salon, ce qui ne pose guère de problèmes en couple, mais plus en déplacement professionnel.
“Au niveau de l’hôtel, il y a toujours une volonté de monter en gamme. Cet hiver, nous allons rénover la moitié des chambres, pour changer le mobilier et faire des améliorations techniques”, précise Christophe San José. Une stratégie mûrement réfléchie pour s’adapter à la polarisation qu’il observe entre les campings et les hôtels 5 étoiles, au détriment des hôtels 3 et 4 étoiles depuis deux à trois ans. Les autres établissements du groupe LBHC suivent la même trajectoire : “nous avons de petits établissements de luxe de charme, et nous avons des clients qui nous suivent.”
À table, inspirations méditerranéennes au Bougainvillier
Au restaurant gastronomique Le Bougainvillier, dont l’activité a été recentrée sur le soir et le dimanche midi, 50% des clients viennent de l’extérieur. Seuls 35 couverts peuvent être accueillis. Hélas, il n’y a pas de barman attitré ni de bar à part entière dans l’hôtel, mais l’on se plaît à déguster une cuisine d’inspiration méditerranéenne, cette année sous l’impulsion du chef Rodolphe.
Après des amuse-bouche composés de compotée d’agrume façon pissaladière, de petits anchois, et d’un cake à l’origan. Une entrée en matière gourmande, inattendue avec le cake qui apporte du moelleux, mais il convient d’apprécier l’anchois! Dans le menu en trois temps (85 euros), les artichauts bouquets du pays, avec de la tartutafa, de jeunes épinards et de parmesan, permettent de (re)découvrir ce légume sous plusieurs formes, tandis que le fromage relève élégamment le plat.

Filet de rouget, soupe de poisson de roche, rouille légère, écrasé de pommes de terre aux olives et tomates séchées
Pour le plat principal, un poisson issu de la pêche du jour, à savoir du filet de rouget le jour de notre passage, est accompagné d’une soupe de poisson de roche, d’une rouille légère et d’un écrasé de pommes de terre aux olives et tomates séchées. La rouille, retravaillée pour apporter de l’onctuosité, est incroyable. Les olives apportent une touche locale bienvenue dans l’écrasé de pommes de terre, tandis que les deux textures de poisson se complètent bien.

Baba au rhum

Pamplemousse en textures
En dessert, le baba (Saint-James) est trempé et séché avec le rhum, ce qui lui donne une puissance certaine qui ne peut que nous réjouir, tandis que le pamplemousse travaillé en différentes textures est un bon moyen de s’initier à toutes les subtilités de ce fruit, pour terminer le repas de manière plus légère.

Le restaurant assure également le service du petit-déjeuner.
Un hôtel ouvert tout l’été, en 2027, à Megève
Au niveau du groupe, l’an prochain, l’hôtel (14 chambres) de Megève (Haute-Savoie) sera ouvert en juillet-août, ce qui n’avait pas pu être fait cette année faute de personnel. Un chiffre suscite la convoitise : 65% de taux de remplissage moyen pour les hôtels en juillet-août. Cette année, nous n’avons pas pu le faire faute de personnel. 14 chambres, ouvert en 2024. En revanche, suite aux incendies survenus en juillet, l’hôtel du bassin d’Arcachon (Gironde) affiche 40% de taux de remplissage en août, contre 95% habituellement.

