De Paris à la Belgique en passant par le Pas-de-Calais, les acteurs de la bière multiplient les projets : guinguette revisitée au port de Bercy, microbrasseries expérimentales, cuvées anniversaires, alternatives sans alcool ou sans gluten, jusqu’aux grands rendez-vous dédiés à la bière artisanale en Île-de-France.
Paris Beer Festival : la bière artisanale de nouveau à l’honneur
L’association Paris Beer Club organise de nouveau le Paris Beer Festival. L’ancienne Paris Beer Week, devenue un événement incontournable pour les amateurs de bière artisanale, tiendra sa treizième édition du 25 au 29 mars 2026 pour divers événements répartis en Ile-de-France. Un salon de dégustation, le Grand Final, clôturera l’ensemble, les 30 et 31 mai, à Ground Control, dans le 12ème arrondissement de Paris.
Dans un contexte où deux brasseries indépendantes sur trois connaissent aujourd’hui de fortes tensions de trésorerie, selon le Syndicat national des brasseurs indépendants, un tiers des brasseries présentes participeront au festival pour la première fois. Dix d’entre elles ont moins de trois ans d’existence.
Plusieurs bars spécialisés dans la bière (L’Atalante, la Taverne des Korrigans, le Supercoin, Hoppy Corner…) organiseront plusieurs soirées, tandis que 200 bières seront mises à la dégustation au Grand Final, selon un modèle économique original consistant à partager le chiffre d’affaires entre les brasseurs exposants et l’association.
Second Degré : l’expérimentation au cœur de nouvelles bières

Une bière assez relevée.
A Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne), la microbrasserie Second Degré a lancé la Don Ralapenio (5,7%), une gose au pamplemousse. Son nez est très cuisiné, entre des notes d’agrumes et la chaleur des piments jalapenos. En bouche, elle est intensément puissante, sur le piment, ce qui peut surprendre. La bière est également ronde et très suave. Un bel exercice de style.
Le Remède, une imperial stout (10%) servie en gallopin ou en demi, se distingue par sa belle mousse crémeuse, et son caractère très torréfié, faisant la part belle au café et aux épices.
Patoche : de nouvelles bières pour la saison
Dans le 18ème arrondissement de Paris, la microbrasserie Patoche stabilise la recette de son IPA, l’Ipatoche (6,5%). La version 24 (houblons Citra, Mosaic) présente une robe jaune soutenue et dense, ainsi qu’un nez très orangé. Une levure de lager (plus neutre qu’une levure d’ale) a été employée. La texture est douce (peau de pêche). En bouche, une pointe d’acidité s’ajoute à un profil assez amer.
En collaboration avec la brasserie La Truite (Yonne), Mission K6 (4%) est une Irish Red Ale à base de bourgeons de cassis, ce qui la rend très plaisante et foncièrement fruitée au nez. En bouche, elle est un peu vineuse. On distingue également des notes de pain d’épices. Quant a la Parigose (5%), brassée en collaboration avec la Brasserie du Grand Paris (Seine-Saint-Denis) en incorporant du pomelo, de la framboise et des baies de sansho, elle est assez juicy.
Paname sur Seine : la nouvelle escale du port de Bercy

Paname sur Seine, durant l’été.
Dans le 12ème arrondissement de Paris, après quatre ans sous le nom de Cargo Container Bar, la guinguette estivale du port de Bercy a été repensée. Après avoir été exploitée par le groupe O’Sullivans, elle bénéficie en plus, cette année, de l’apport du Groupe Boissons de Corse, notamment propriétaire de Pietra, qui a rapproché les brasseries franciliennes Demory Paris et Paname Brewing Company. Place donc à Paname sur Seine, qui arbore la nouvelle identité visuelle de la marque de bières.
En plus de la présence de DJ, le lieu composé de containers, ouvert du mercredi au dimanche entre le 13 mai et octobre, introduit plusieurs événements tels que des running clubs ou des bingo drag-queens. Quatre bières sont disponibles (la lager East Paris, l’IPA Barge du canal, l’American wheat L’Arme blanche, et l’IPA sans alcool Prodige, de Demory). Signe de l’arrivée d’un actionnaire supplémentaire, on retrouve un spritz aux accents corses : Mattei rouge ou Mattei blanc, prosecco, eau gazeuse.
Surtout, l’offre food a été repensée : tzatziki de betterave, tirokafteri (fêta, poivrons rouges, piment de Cayenne, charcuteries et fromages, sandwichs. Les prix de ce lieu taillé pour l’afterwork restent un peu élevé.
3 Brasseurs : une cuvée anniversaire pour les 40 ans
Pour son quarantième anniversaire en 2026, l’enseigne de brewpubs 3 Brasseurs commercialise la Blanche de Lille, une version actualisée de sa bière lancée lors de sa création en 1986. Elle titre à 5,6%, avec une amertume de 17 IBU et une couleur claire de 7 EBC. Sa recette intègre du blé, du houblon des Flandres ainsi qu’une levure aux notes épicées et citronnées. Elle est disponible depuis le 2 avril dans les restaurants du réseau en pression, en bouteilles de 75 cl ou en canettes de 33 cl, et peut être consommée en accompagnement de plats comme la choucroute de la mer ou un burger Big Ben.
Brasserie Castelain : Ch’ti se réinvente sans alcool

Ch’ti se décline en version sans alcool.
A Bénifontaine (Pas-de-Calais), la Brasserie Castelain lance la Ch’ti 0.0%. Cette bière blonde sans alcool est élaborée par désalcoolisation sous vide. Elle présente une robe dorée, des notes céréalières et florales. Très accessible, elle est plus douce que la Ch’ti classique, mais séduira à coup sûr les amateurs de lagers, grâce à son caractère soyeux qui la place dans le haut du panier des bières sans alcool. Nous avons apprécié sa pétillance fine.
“Ch’ti devait garder son tropisme de bière de dégustation. Nous procédons par désalcoolisation. Notre conception du sans alcool est de l’être totalement, en 0.0. Nous perdons une partie de l’alcool et de l’aromatique, d’où le fait d’avoir repensé la recette initialement”, précise Nicolas Castelain, le directeur général de la PME familiale. Conditionnée en packs de 6x25cl pour la grande distribution, elle s’inscrit dans une tendance de marché marquée par la recherche de modération et la diversification des moments de consommation.
Brasserie Dupont : une nouvelle bière sans gluten
En Belgique, la Brasserie Dupont a lancé Fomo, une bière bio et sans gluten titrant 6,7% d’alcool avec une amertume de 27 IBU. Son élaboration repose sur l’utilisation de 30% de malt de sarrasin et 5% de malt d’avoine, associée à un procédé de dégluténisation par enzymes naturelles pour garantir un taux de gluten inférieur à 20 ppm. Cette ale de fermentation haute se caractérise par un profil sec et des notes fruitées Distribuée en bouteilles de 33 cl dans les réseaux spécialisés et la grande distribution, elle vise à offrir une alternative de dégustation pour les consommateurs sensibles.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
