À Paris, rue de la Convention, Le Grand Venise a laissé place en janvier 2026 à Da Lucrezia Osteria. Ce restaurant mise sur une cuisine maison et de saison pour séduire les résidents du quartier, ainsi qu’une clientèle de destination.
Au loin, on devine la future Tour Triangle. “Les salons de la porte de Versailles nous apportent du monde”, assure Christophe Poligani pour présenter son dernier bébé, rue de la Convention, dans le 15e arrondissement de Paris. L’entrepreneur corse, notamment à la tête du Wagon Bleu (Paris 17e), s’est fixé l’objectif de redonner une impulsion à un restaurant italien bien connu dans le quartier, Le Grand Venise. Une même famille a tenu l’établissement, datant de 1920, durant trois générations, attirant de nombreuses personnalités. Depuis janvier 2026, place à Da Lucrezia Osteria.
Après avoir passé un épais rideau, on se retrouve dans une double salle très lumineuse, repensée par Studio Pi et fourbue d’un imposant lustre, de nouvelles appliques, d’une belle lithographie mettant Venise à l’honneur, avant d’entre apercevoir la cuisine, elle aussi remise à neuf. “Nous souhaitions disposer d’un lieu convivial. Nous visons d’abord la clientèle du quartier, très résidentiel, avant d’espérer capter une clientèle de destination”, expose Thibaut Veller, le responsable d’exploitation, qui officie aussi chez Paname Brewing Company, à Saint-Denis, et à la ferme urbaine Plantation, dans le 18e arrondissement.
Pour lancer Da Lucrezia Osteria, l’équipe a fait appel au chef Francesco Vitale. “Je suis originaire de Naples et mon second des Pouilles. Nous ne souhaitions pas faire une cuisine seulement de nos terres. L’idée était aussi de travailler au rythme des saisons, de faire nous-mêmes nos pâtes, et de proposer un menu déjeuner fréquemment renouvelé”, explique-t-il. Lors de notre passage, il était en pleins préparatifs du deuxième menu du restaurant, lancé en mai. Parmi les nouveautés, figurent de délicieux boutons à l’aubergine et au mascarpone, surmontés de sauce tomate.
Un premier menu convaincant

Vitello tonnato di Lucrezia

Fritto misto della laguna
Une première version du menu a permis à Da Lucrezia Osteria de saisir le pouls de sa clientèle. “Nous avons des clients italiens qui sont venus chaque soir durant leur séjour”, se réjouit Thibaut Veller. Il y a quelques semaines, il était ainsi possible de se délecter, en entrée, du vitello tonnato di Lucrezia (veau finement tranché, sauce tonnato aérée, câpres frits, marjolaine, feuilles de verveine, demi-glace de veau, 17 euros) et du fritto misto della laguna (lieu et encornet dans une chapelure panko ; mayonnaise citronnée et épicée, 20 euros). Le veau, à déguster avec les câpres, est assez relevé, tandis que l’on se laisse convaincre par les deux mayonnaises (épicée et citronnée) servies avec les fritures.

Agnolotti carbonara suprema a laguna
Côté pâtes, le plat d’agnolotti carbonara suprema (agnolotti farcis à la ricotta et carbonara, porc grillé, fondue de pecorino Buccianera, huile de guanciale, 26 euros) surprend par sa forme. Une unique pâte, très longue et rectangulaire, qui plaira aux amateurs de pecorino (on adore !), dont le caractère puissant peut surprendre. Les girelle al coniglio (pâtes roulées farcies au lapin, ragoût de champignons, sauce tomates anciennes, olives et herbes, jus réduit), sont très gourmandes, mais s’adressent à un public averti.

Tiramisu
En parallèle d’un tiramisu à la cuillère (12 euros), assez classique, nous avons pu déguster un twist de Negroni : liqueur de clémentine, apéritif Cap Corse Mattei (un clin d’œil au patron), gin Malfy. Au nez, le cocktail est doux, porté sur la clémentine. En bouche, il est très onctueux et fruité. La clémentine prend d’emblée l’ascendant, tandis que les notes franches du Mattei se substituent bien au vermouth. Le restaurant peut accueillir 50 couverts, ainsi que 20 en terrasse.
171 rue de la Convention, 75015 Paris
