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Trois Rivières mise sur le bar et les rhums darks pour se développer

Avec un concours de barmen, Rhumbellion, et une croissance portée par les rhums darks, la marque Trois Rivières compte ne pas rester à l’écart de l’engouement pour sa catégorie.

Le 11 avril, les six demi-finalistes de la deuxième édition du concours de barmen Rhumbellion se sont retrouvés en Martinique afin de s’affronter sous l’égide de son organisateur, la marque de rhums Trois Rivières. Propriété du groupe BBS (Bellonie et Bourdillon Successeurs), acquis en 2012 par le fonds  d’investissement familial Groupe Chevrillon, l’entreprise développe sa présence sur les trois segments du rhum (blancs, ambrés et vieux). Stéphanie Labasque, directrice marketing et commerciale de BBS, qui regroupe aussi Maison La Mauny, répond aux questions de Business & Marchés.

Comment a évolué la marque ces dernières années?

Stéphanie Labasque – Trois Rivières produit du rhum agricole fait à partir de jus de canne à sucre produit en Martinique (rhum AOC). La marque est née en 1660, fondée par Nicolas Fouquet, aux Antilles, où est né le domaine, avec de la production de sucre et de rhum. La marque a connu un profond changement il y a cinq ans avec l’arrivée de Chevrillon. Nous produisons plus de 300.000 caisses par an. En France, nous avons deux distributeurs, Lixir et Dugas. La gamme est très large, le positionnement-prix est très premium, mais on répond à des besoins consommateurs plutôt en rhums blancs en GMS, et en vieux rhums chez les cavistes.

Comment la marque se différencie-t-elle dans un univers très concurrentiel?

Nos produits sont, gustativement, assez différents de ceux de nos concurrents. Il y a beaucoup d’associations immédiates au mojito ou au cuba libre, qui se font à partir de rhums de mélasse. Le rhum agricole est bien plus puissant et bien plus complexe. En France, on a une culture du Ti Punch et du Planteur. En revanche, il y a un vrai manque de culture sur la façon d’utiliser le rhum agricole en cocktail, d’où l’idée de créer un concours de barmen en 2014, avec une première édition en 2015-16, réunissant des participants du monde entier, tout comme cette année.

De quelle manière accompagnez-vous les professionnels du bar?

On a développé des produits pouvant être travaillés en cocktails classiques, mais le rhum agricole, connu en Ti Punch et en Planteur, peut se déguster différemment. Les rhums vieux peuvent se rapprocher de l’Old fashioned ou du Manhattan, issus de la culture whisky, tandis qu’il est possible d’effectuer des associations en rhum blanc (Martini, Daiquiri) et des associations très sucrées (mangue, ananas, ginger beer…). Sur l’ambré, on a également des associations possibles avec des fruits rouges (sirop de framboise). Il y a vraiment la possibilité de créer une communauté de barmans pro-rhum agricole. Les barmans sont souvent des techniciens dans leur domaine.

Quels sont les enjeux actuels sur le marché grand public?

En France, 90% du marché est du rhum agricole. On a peu besoin de faire de la pédagogie. Notre discours va plutôt s’orienter vers des cibles plus jeunes, avec un discours «out of home» auprès des barmans, et le fait que le rhum n’est pas seulement blanc : il faut expliquer l’intérêt des rhums ambrés et vieux, qui sont de vraies alternatives à la consommation du malt. Le marché du rhum progresse de 10% par an en France, tiré par le rhum dark (ambré et vieux), compte tenu de l’arrivée à maturité du marché du whisky.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesFocusIndustrie