ÉconomieEntreprisesIndustrie

« Les spiritueux français méritent davantage de visibilité »

En septembre à Paris, le salon France Quintessence mettra à l’honneur les spiritueux français sous la houlette de son organisateur, Philippe Jugé.

« Pendant deux jours, nous voulons attirer l’attention sur le marché des spiritueux français », explique à Business & Marchés Philippe Jugé, organisateur avec Franck Poncelet, dans le cadre de leur société Amuse-Bouche, du salon France Quintessence. Dimanche 6 et lundi 7 septembre, lors de deux journées respectivement réservées au grand public et aux professionnels, 50 marques et producteurs seront réunis au Pavillon Ledoyen, à Paris.

Pourquoi lancez-vous un salon dédié aux spiritueux français?

Une nouvelle fois (Amuse-Bouche a organisé en mars dernier le salon Planète Bière), il n’y a pas de caisse de résonnance pour les spiritueux français. Un salon permet de les goûter et d’échanger avec les gens qui les font : c’est un média interactif particulièrement intéressant lorsque l’on parle de boissons. En termes de qualité, les spiritueux français ont une bonne image, que ce soit pour les gins, les vodkas, l’armagnac, le Calvados, les rhums, les whiskys, les anis, les eaux-de-vie… Ils manquent toutefois de visibilité : malgré leur importance dans le secteur des alcools et leur notoriété, on n’en parle pas tant que cela.

Comment évolue ce marché?

Le marché des spiritueux français est très compliqué aujourd’hui, parce que les rhums et les whiskys ont pris beaucoup de place chez les cavistes et en cafés-hôtels-restaurants. Il est plutôt « plat », voire en décroissance sur les eaux-de-vie, de nombreux professionnels préférant concentrer leurs efforts à l’export : ce type de produits bénéficie d’un très bon accueil à l’étranger. Les variations de l’euro jouent beaucoup dans ce phénomène : sa baisse est une très bonne chose pour les ventes à l’export, et renchérissent également les rhums en zone dollar ainsi que les whiskys en zone livre sterling. Il y a, dès lors, une carte à jouer pour les spiritueux français !

Comment France Quintessence s’inscrira-t-il dans la tendance actuelle pour le Made in France?

Le salon surfera à plusieurs niveaux sur cette tendance intéressante. D’une part, les consommateurs veulent retrouver des produits locaux et avoir accès à des circuits courts. La France compte 35 distilleries de whisky, mais personne ne le sait ! D’autre part, il y a de belles histoires à raconter, avec un important paysage d’entreprises familiales. Ces PME ont un impact économique fort au cœur des régions où elles sont implantées de longue date.

Quels seront les temps forts du salon?

Nous n’avons pas choisi le Pavillon Ledoyen de façon innocente ! Notre objectif est de réinscrire les spiritueux dans le paysage gastronomique français : qui mieux que Yannick Alléno pour nous accompagner dans ce défi ? A peine arrivé dans ce nouvel endroit pour lui, il a récupéré d’emblée ses trois étoiles, ce qui n’arrive jamais ! Dimanche 6 septembre au soir, il réinterprétera exceptionnellement son grand dîner avec des spiritueux. Le dîner sera proposé au prix de 200 euros, ce qui est certes cher, mais l’est moitié moins qu’habituellement. Sur toute la durée du salon, les visiteurs pourront aussi avoir accès à un panel de dégustations, avec quatre à cinq exposants par catégorie, fléché au moyen de parcours. Nous comptons par ailleurs lancer le salon à l’étranger, en commençant par Singapour.

Photo : Eric Pérez

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
ÉconomieEntreprises

Spiritueux : comment 30 & 40 fait rayonner le savoir-faire du Calvados

30 & 40 s’est imposé comme un des embouteilleurs indépendants les plus en vue. Vincent Béjot, cofondateur, revient sur son développement et sur les enjeux d’une production locale.
ÉconomieEntreprises

MyBrazil Juices poursuit le développement de ses jus de fruits frais

La start-up parisienne MyBrazil Juices développe sa gamme de jus de fruits dans des bars éphémères et en GMS. Elle compte également se développer dans les cafés-hôtels-restaurants.
ÉconomieEntreprises

La brasserie Opé fait essaimer la culture bière aux Sables d'Olonne

Depuis un an, Pierre Brodu développe la brasserie Opé aux Sables d’Olonne avec une offre bio et de nouvelles recettes.

1 commentaire

Les commentaires sont fermés.