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Le rhum, l’autre fer de lance de Maison Ferrand

Dernière étape de notre immersion chez Maison Ferrand : quitter la Charente, où du rhum vieillit en fûts de cognac, pour rejoindre le Rhum Fest. Deux univers pas si éloignés…

Inside Maison Ferrand (3/3). Ce deuxième week-end d’avril, Alexandre Gabriel, président de Maison Ferrand, quitte le château de Bonbonnet (ci-desssous), le siège de l’entreprise basé à Ars (Charente), notamment doté d’une maison d’hôtes, afin de rejoindre ses équipes commerciales parisiennes au Rhum Fest, un salon de dégustation de référence dans le secteur (photo ci-dessus). « Il s’agissait d’un coup de cœur ! J’ai goûté des rhums à Haïti, à la Barbade… Puis, en Jamaïque, ce fût le choc, avec un rapport presque mystique au rhum ! Nous avons ramené des rhums pour les mettre en fûts de cognac. Les quantités importées n’ont cessé de progresser. En 2000, Plantation, du nom des fermes dans les Caraïbes, était né », raconte le chef d’entreprise.

Château de Bonbonnet - Ars - Maison Ferrand

Aux côtés du gin Citadelle (20% du chiffre d’affaires), lancé en 1996, et du cognac, le rhum représente aujourd’hui 30% des ventes de Maison Ferrand. « Le temps de deux escales, les rhums Plantation quittent les eaux des Caraïbes et partent découvrir le Pacifique avec ses rhums en provenance du Pérou et de Fidji », promet la marque qui lance ce mois-ci Fidji 2009, qui a passé sept ans en fûts de bourbon à la South Pacific Distillery avant de faire un séjour de deux ans en fûts de cognac au château de Bonbonnet, et Peru 2004, lequel a, avant de rejoindre la Charente pour deux ans, passé douze ans en fûts de Bourbon au nord du Pérou.

«Nous avons eu la chance d’être bien entourés»

« On vise les geeks ! », s’amuse Alexandre Gabriel, qui a crée l’entreprise en 1989. « Je me suis associé à l’âge de 22 ans avec une branche de la famille Ferrand, dans le cognac. Nous avions des visions différentes – j’ai ensuite racheté les parts, dont celle de mon associé. Nous avons eu la chance d’être bien entourés dans notre développement et de s’appuyer sur le patrimoine de l’entreprise. Notre branche américaine, essentielle puisque nous exportons 90% de nos produits à travers le monde, s’est quant à elle structurée il y a vingt ans », indique le propriétaire et maître de chai. 110 personnes composent aujourd’hui l’effectif, dont une cinquantaine à la Barbade, où Ferrand a racheté West Indies Rum Distillery en 2017, et une trentaine en France.

Pas question, en effet, de laisser de côté le marché français : « je vois de plus en plus de passionnés des spiritueux en France ! Nous travaillons sur une niche de marché, et nous pouvons nous appuyer sur des bartenders qui veulent faire bouger les lignes. Ceux-ci participent à certains de nos assemblages. » A l’image du rhum OFTD (69%) mis sur le marché l’an dernier, le résultat peut être explosif.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprises