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Recrutement: une charte pour limiter le recours aux réseaux sociaux

Des professionnels du recrutement prennent des initiatives face à l’essor des plates-formes de socialisation.

La signature d’une charte sur l’utilisation des réseaux sociaux, mi-janvier, entre sept organismes liés à la pratique du recrutement constitue un exemple fort d’engagement en matière d’exploitation des nouvelles technologies à des fins professionnelles. A l’heure où 45% des recruteurs déclarent consulter ces sites dans le cadre de leur activité professionnelle (29% sur Facebook et 26% sur LinkedIn aux Etats-Unis), les données communiquées sur la Toile par de potentiels candidats peuvent compromettre l’image véhiculée par ces derniers.

L’initiative, prise par l’association A compétence égale, spécialisée dans la lutte contre les pratiques discriminatoires lors de l’embauche, a pour objectif d’introduire une dose d’éthique dans le cadre de l’usage des renseignements fournis sur les différents profils. Les réseaux sociaux professionnels seront ainsi à privilégier, une donnée à mettre en regard de la présence de Viadeo parmi les signataires. LinkedIn figure aussi parmi ce type de plateformes, des initiatives permettant de publier un CV en ligne étant nombreuses.

Une clause de la charte semble plus difficile à mettre en application compte tenu du caractère développé de cette pratique: le recours aux moteurs de recherche et aux réseaux sociaux comme outils d’enquête pour recueillir ou s’informer sur d’informations d’ordre personnel, même publiques. Les recruteurs doivent y être sensibilisés et formés, selon la charte. Des sites plus spécialisés, comme 123 people, permettent d’agréger sur une seule page l’ensemble des sources d’information mentionnant le nom d’une personne donnée (profil Facebook, coordonnées et adresse courriel, documents…).

Au-delà de la limitation du recours aux réseaux personnels et au démarcharge de profils en ligne, les signataires s’engagent à alerter les utilisateurs de ces plateformes sur la nécessité de vérifier le niveau de confidentialité des informations diffusées, ainsi qu’à rappeler aux gestionnaires de sites et aux hébergeurs leur rôle d’information quant à l’usage de ce type de sites. Le « droit à l’oubli numérique » doit être promu, une notion difficile à mettre en œuvre en raison du caractère mondial du réseau et de certaines plateformes.

Ce document met en exergue les dérives liées aux réseaux sociaux, mais permet également de souligner l’importance prise par internet dans le cadre du processus de recrutement. La Toile est désormais incontournable, de nombreuses firmes ayant purement renoncé à la traditionnelle lettre manuscrite pour une gestion numérique, par courriel ou via des applications spécialisées telles que les solutions commercialisées par Taleo (gestion du recrutement et de la sélection de profils).

Cette approche reste néanmoins différente de celle entreprise sur les réseaux sociaux, où l’emploi ne constitue pas le fondement de la plateforme… d’où les problèmes qui peuvent survenir.

Publié dansActualité socialeSociété