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Revue de presse : produire local, penser global

Alors que le débat sur le « Made in France » fait rage, la presse économique explore les éventuelles possibilités de contrecarrer l’essor de la mondialisation.

« Je rêvais d’un autre monde… » : la chanson date certes, mais son refrain reste toujours d’actualité. En témoignent les dossiers proposés ce mois-ci par L’Expansion – qui inaugure une nouvelle formule – et Terra Eco. Le premier, à vocation économique, dresse un panorama de « quatre mondes possibles », tandis que le second, résolument engagé en faveur de l’environnement, appelle à créer « une finance verte et solidaire ».

En matière de constats, L’Expansion en réfère à des économistes de renom pour balayer les différents modèles économiques qui pourraient s’imposer à l’échelle internationale : une forme de division mondiale du travail (la France ne pouvant, selon Julia Cagé d’Harvard et de l’Ecole d’économie de Paris, rivaliser à armes égales avec la Chine sur certains secteurs), une forme rénovée de protectionnisme (le Prix Nobel d’économie Maurice Allais mettant en garde contre les dérives du libre-échange), la « démondialisation » (sous le regard d’une ONG) et enfin une gouvernance mondiale prônée par Jacques Attali.

Les pistes de sortie de crise et les tentatives d’instauration de mécanismes financiers davantage connectés à l’économie « réelle » peuvent également transiter par les banques, selon Terra Eco qui pointe également la défiance exprimée par les Français envers la Bourse : seules 12% des personnes sondées par OpinionWay déclarent avoir confiance ! Dans ce contexte difficile, de nombreux établissements bancaires distendent, dans leurs discours publicitaires, leurs relations avec les marchés financiers, jusqu’à l’excès, pour le titre.

La régulation s’impose donc comme le thème incontournable pour les économistes, mais également les candidats à l’élection présidentielle. Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, contrecarre ainsi certaines idées relatives au déploiement d’une politique protectionniste dans un entretien accordé à Enjeux-Les Echos« La tendance à davantage de division internationale du travail va se poursuivre », indique-t-il, comme un pied de nez aux partisans du Made in France. Il explique toutefois que la productivité est « quatre fois moindre » élevée en Chine qu’en France…

L’hebdomadaire canadien Les Affaires observe avec inquiétude les mouvements de relocalisation en vogue aux Etats-Unis et en France. En titrant sur « la menace du patriotisme industriel », le magazine met en exergue les risques pour l’économie québécoise. Les « salaires moins élevés et des mesures incitatives financières qui ont cours dans certains États américains » sont incriminés, l’incertitude résidant dans l’attitude des autorités face à cette forme de dumping.

Dans l’Hexagone, Process Alimentaire met en valeur la stratégie originale d’entreprises et d’institutions basées dans l’Ouest : ces organisations ont décidé de mettre l’accent sur l’aspect local de leur production et le marketing, étiquette tricolore à l’appui. Estampillés comme fabriqués en France, les produits visés accroissent leur référencement à l’international. Une production territorialement identifiée, des possibilités commerciales (presque) sans limites.

Publié dansCorpusEconomieEntreprisesPolitique éco