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Ce passionné de bière artisanale mise sur l’échange et l’apprentissage

Thomas Barbera, éditeur du blog Happy Beer Time et gérant d’un bar à Londres, explique comment il concilie sa passion pour la bière artisanale et la fibre entrepreneuriale.

Passionné par la bière artisanale, Thomas Barbera, éditeur du site web spécialisé Happy Beer Time, est depuis octobre 2015 gérant du bar The Other Room, à Londres. Titulaire d’un master en marketing des technologies de l’information et de la communication, il explique à Business & Marchés comment son intérêt pour la craft beer a guidé son parcours professionnel.

Comment ton intérêt pour la bière vous a-t-il conduit à manager un bar, à Londres?

Thomas Barbera — Tout est une question de passion je pense. J’ai d’abord décidé d’habiter en Amérique du Nord pour être en plein cœur du phénomène ‘craft beer’. De retour en France, j’avais encore soif d’apprentissage et surtout je n’avais pas encore réellement travaillé dans l’industrie brassicole. Du coup, quoi de mieux que Londres actuellement en Europe pour poursuivre mon apprentissage. Ensuite, la passion fait la différence, il n’y a rien de mieux pour un patron que d’avoir des employés passionnés par ce qu’ils font. Et puis, on connait tous le ‘London Dream’. En Angleterre, il est facile de monter rapidement.

De quelle manière le développement d’Happy Beer Time vous a-t-il accompagné dans cette démarche?

Happy Beer Time, c’est mon fil conducteur d’apprentissage. Je pense qu’écrire est la meilleure méthode pour acquérir des connaissances. Il faut bien entendu lire, mais écrire te permet de revenir sur ce que tu as lu, d’y prêter plus d’attention et donc de mieux assimiler. Qui plus est, même quand tu as un petit doute, c’est toujours plus simple de revenir sur quelque chose que tu as étudié par le passé. Je reviens souvent sur mes propres écrits lorsque je veux me rappeler un sujet. Lire, écrire, relire me semble être le processus cognitif le plus efficace. J’ajoute à cela qu’à l’aide d’un blog, tu es amené à rencontrer, à interroger des personnes très cultivés, à visiter des brasseries, à puiser de la connaissance pour la retranscrire. Cela aussi est très bénéfique.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans l’univers brassicole ou l’entrepreneuriat?

Je dirais que le succès de l’entrepreneuriat est dans les échanges, les rencontres. Le social est un moteur de succès, d’autant plus dans le monde brassicole. On n’apprend rien en restant sur sa chaise, il faut rencontrer, échanger, palper. Après cela, la passion et l’investissement font la différence. Mais une chose est certaine, avoir son propre journal de bord est une clé de succès. Je prends un exemple avec la brasserie anglaise Cloudwater. Comme beaucoup de brasseurs amateur ou professionnels américains, ils échangent librement sur leur blog recettes, recherches. Ce qui est plutôt marrant parce que cela démystifie la bière.

« Les collaborations brassicoles sont magnifiques »

Pendant longtemps, la bière était un produit dont on conserver secrètement la recette, les ingrédients dans un livre perdu dans les sous-sols d’un monastère. Aujourd’hui, lorsque tu vois la qualité des bières produites par ces bonhommes de Manchester, je me dis qu’ils sont très talentueux certes, mais que leur soif d’apprentissage et leur ouverture à l’échange est partie prenante de leur succès. Tu peux avoir une recette de bière blonde dont tu es content et qui va se vendre. Mais si tu veux avoir la meilleure bière, tu y arriveras difficile tout seul dans ta brasserie. C’est aussi pour cela que les collaborations brassicoles sont magnifiques. En bref, je conseillerais à tout entrepreneur de dynamiser l’échange et le partage.

Photo: Pedalling for Pints

Publié dansActualité socialeSociété