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Paris : les commerçants peu satisfaits du tramway des Maréchaux

Les professionnels situés le long du T3 ne sont guère convaincus par l’apport de cette ligne qui s’apprête à être prolongée.

Les prolongements de trois lignes franciliennes de tramway s’apprêtent à être mis en service en l’espace d’un mois. Le T1 reliera dès le 15 novembre Noisy-le-Sec à Asnières-Gennevilliers, le T2 s’élancera quatre jours plus tard en direction de Pont de Bezons, tandis que le T3 parisien sera prolongé et scindé en deux le 15 décembre : la ligne actuelle, renommée T3a, ira du pont du Garigliano à la porte de Vincennes (porte d’Ivry actuellement), nouveau terminus d’où partira une seconde ligne (T3b) en direction de la porte de la Chapelle.

Conduit par la Chambre de commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) depuis la mise en service du T3 en  décembre 2006, l’Observatoire des effets économiques du tramway des Maréchaux met en exergue un accroissement du nombre de cellules commerciales vacantes lors du lancement commercial de la ligne avant une décrue deux ans plus tard. Le nombre total de commerces situés le long du parcours, sur le tronçon initial de la ligne est resté stable entre 2003, année de démarrage des travaux, et 2010 avec 381 locaux contre 383. Un certain attentisme a été de mise avant un effet d’aubaine dû au lancement de la ligne, rapidement retombé.

Le manque de places de stationnement constitue la doléance la plus fréquemment citée, et ce que quelque soit la période de l’enquête. Les livraisons sont par ailleurs plus difficiles. Fin 2009, trois ans après la mise en service, les chalands n’étaient pas plus nombreux selon les commerçants interrogés. Sur quarante-neuf commerçants installés avant le début des travaux, trente considéraient, début 2010, que l’arrivée du tramway n’a pas été bénéfique à leur activité. L’embellissement des boulevards est toutefois apprécié, leur franchissement s’avérant toutefois plus difficile.

La restauration et l’hôtellerie constituent les activités ayant le plus bénéficié de l’arrivée du tramway, les travaux ayant néanmoins fortement affecté leur activité. La plupart des commerçants interrogés déclarent avoir retrouvé, en 2008, le même niveau de chiffre d’affaires qu’en 2003.

Les travaux comme premier facteur de désagréments

Les travaux du prolongement du tramway occasionnent d’importants désagréments : la CCIP constate écart de -15% entre le chiffre d’affaires moyen de 2011 et celui de 2008, avant le démarrage des travaux, sur son échantillon de commerces et de services situés en pied d’immeuble le long du parcours des lignes nouvellement crées.

En 2011, 26 commerçants sur 74 ont enregistré un recul de leur chiffre d’affaires supérieur à 20%. Les activités de services aux particuliers (pressings, coiffeurs…) apparaissent, sur trois enquêtes, comme les plus sensibles aux travaux. Les activités liées à l’automobile accusent le coup : les difficultés d’accès ont fortement pénalisé leurs affaires avec un chiffre d’affaires moyen en chute de 55% entre 2008 et 2011. Des procédures sont prévues pour indemniser les professionnels suite aux préjudices causés par les travaux. 432.500 euros ont ainsi été versés suite aux travaux du tronçon initial du T3.

Enfin, les prix de l’immobilier ont également évolué suite à l’arrivée du tramway des Maréchaux. Si aucun impact « significatif et certain » n’a été relevé le long du parcours, une légère hausse des prix des biens comprise entre 2 % et 7 %, a été constatée en proche banlieue, sur une bande s’étendant jusqu’à 400 mètres, suite aux gains d’accessibilité de certains quartiers selon l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région d’Île-de-France.

La mise en service du tramway étendu et désormais fractionné soulagera donc les commerçants ayant dû traverser la période des travaux, mais ne provoquera pas forcément leur satisfaction si l’on se réfère aux enquêtes menées le long de l’actuelle ligne. Affaire à suivre…

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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