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Noyades : pourquoi le nombre de CRS suscite la polémique

Avec leurs pouvoirs de police, les CRS constituent une des forces préférées des maires pour assurer la surveillance des plages.

« Que je sache, ce n’est pas moi qui suis responsable de la baisse » du nombre de CRS, s’est défendu Manuel Valls, en visite mardi à Cannes. Le ministre de l’Intérieur, qui a multiplié les sorties depuis le début de l’été, tenait à intervenir suite aux nombreuses noyades survenues, sur les plages, mais également sur des plans d’eau. Les membres des forces de l’ordre sont les seuls, parmi l’ensemble des services assurant la surveillance des plages, à pouvoir verbaliser les nageurs.

« Il faut qu’il y ait beaucoup plus de prise en considération de la responsabilité des parents et de l’ensemble des personnes qui vont à l’eau alors que les drapeaux sont rouges »avait préalablement déclaré la ministre du Tourisme, Sylvia Pinel.

114 kilomètres de côtes étaient surveillés par les CRS en 2008. Ce nombre est passé, en 2011, à 98. En dix ans, le nombre de CRS affectés à la surveillance des plages a reculé (722 personnes en 2002, 471 en 2012). La présence de la police sur les plages – celle des CRS maitres-nageurs sauveteurs étant la plus répandue – exerce par ailleurs un effet dissuasif particulièrement apprécié des municipalités. Les CRS sont « importants pour assurer une certaine tranquillité sur les plages grâce à leurs pouvoirs de police », explique à La Dépêche du Midi le maire du Cap-Ferret, Michel Sammarcelli.

La remise en exergue d’un rapport de la Cour des Comptes paru en novembre dernier a par ailleurs attisé la polémique. L’affectation de CRS à la surveillance des plages crée « une tension pour le bon accomplissement de la mission première du corps, qui est le maintien et le rétablissement de l’ordre public », estiment les sages de la rue Cambon. Ils tirent également la sonnette d’alarme quant aux inégalités de ce dispositif.

Dans ce contexte, le recours à d’autres types de surveillants s’avère indispensable. Les maries font principalement appel, moyennant finances, aux services des sapeurs-pompiers. Les 1410 bénévoles de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) se relaient pour leur part sur plus d’un tiers du littoral. Les villes peuvent par ailleurs prendre l’initiative d’assurer la surveillance des plages par leurs propres moyens.

Publié dansActualité socialeSociété