Repositionnement des marques, travail des matières et adaptation aux nouveaux usages redessinent le vestiaire contemporain. Denim brut, synderme, vêtements techniques, pièces patrimoniales et références aux années 1990 et 2000 illustrent les stratégies déployées par les marques pour renouveler leurs collections.
Les marques de mode redéfinissent leurs priorités de création. Des podiums urbains aux vestiaires du quotidien, l’heure est au travail artisanal de la toile denim, au réemploi de matériaux nobles ou recyclés comme le synderme, et à la réinvention des pièces patrimoniales. Qu’il s’agisse de vêtements adaptés aux exigences climatiques ou de déclinaisons streetwear unisexes, le produit de mode s’affirme par sa polyvalence et sa maîtrise technique. Focus sur les collections printemps-été 2027 présentées au salon Who’s Next, organisé début septembre à Paris.
Côtelé Paris : focus sur les nouveautés d’un spécialiste du velours
Créée il y a cinq ans puis reprise par Agnès Vaffier, ancienne dirigeante chez Philips, la marque Côtelé Paris fait évoluer son identité articulée autour du velours côtelé. Pour couvrir l’ensemble des saisons, l’entreprise intègre désormais le coton et la toile denim dans ses collections. Le savoir-faire textile s’appuie sur un travail du velours réalisé en Alsace, tandis que la confection des vêtements est réalis&z en Tunisie. Parmi les pièces permanentes figurent la veste worker, proposée en velours durant la saison hivernale et déclinée en coton pour le printemps, la salopette Mom destinée aux femmes, ainsi qu’une ligne de casquettes façonnées en velours ou en assemblage bimatière.
Onirick : le streetwear unissexe en denim brut né du financement participatif

Fondée par Ézékiel Pabu, un ancien joueur de basket-ball de haut niveau de vingt-trois ans également mannequin, la marque Onirick a démarré son activité en 2023. Repérée lors de sa campagne sur la plateforme Ulule et distribuée au sein de l’enseigne Citadium, la griffe développe une proposition axée sur le streetwear haut de gamme unissexe. L’ensemble de la collection repose sur un travail du denim brut décliné dans une approche minimaliste. Les pièces sont structurées par des découpes géométriques et des détails d’accessoirisation discrets, matérialisés notamment par des rabats spécifiques appliqués sur les vestes.
Maison Lua : une nouvelle marque de maroquinerie

Créée par trois associées et financée par une campagne Ulule, Maison Lua concentre son développement sur l’usage de matériaux revalorisés. La marque utilise le synderme, un matériau obtenu par le broyage de chutes de cuir agglomérées avec des additifs sous forme de plaques. Le modèle phare de la gamme, le sac Lua numéro 1, s’inspire des silhouettes rétros des sacs Bermuda et intègre des anses ergonomiques. L’assemblage de la maroquinerie est réalisé dans le Maine-et-Loire, tandis que la fabrication de la doublure intérieure est confiée à un atelier alsacien.
Maison de la Tapisserie : le patrimoine pictural transposé sur des vêtements

Imaginée par Gatien Fauchille, issu du secteur de la communication, le projet de Maison de la Tapisserie repose sur l’intégration de chefs-d’œuvre de la peinture classique au sein du vestiaire contemporain. La marque exploite des œuvres d’art libres de droits, tombées dans le domaine public après l’échéance légale de 70 ans. Les visuels sont imprimés directement sur des vêtements ainsi que sur des cols amovibles indépendants. Les collections illustrent notamment des pièces majeures telles que La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix ou La Source de Jean-Auguste-Dominique Ingres, cette dernière étant retravaillée en négatif. La chaîne de production est répartie entre la France et l’Italie.
Jonelo : des chaussures unisexes en cuir synthétique
Orientée vers la chaussure de ville unissexe, la marque Jonelo a été lancée par Élodie Pflaum après un parcours professionnel dans le marketing et la communication de mode. La gamme se compose de bottes et de derbies fabriqués au Portugal. D’un point de vue technique, la tige des modèles est conçue en cuir synthétique et associée à une semelle extérieure en caoutchouc. L’assemblage s’appuie sur la technique du cousu Blake, caractérisée par l’utilisation d’un fil violet signature visible qui garantit la résistance et la durabilité de la structure.
Lucky Hat : la recherche de légèreté dans la chapellerie napolitaine

La maison italienne Lucky Hat, établie à Naples, présente une offre de chapeaux et de casquettes structurée pour les vestiaires masculin et féminin. Les nouvelles orientations de création répondent à une demande de légèreté, traduite par le choix de matières assouplies et l’allègement des doublures intérieures des modèles pour hommes. La palette chromatique s’organise autour du gris, du vert, du bleu et du marron. En vue de la saison printemps-été, la marque prépare une refonte de sa gamme à travers le croisement et l’association de deux motifs distincts sur une même pièce.
Julien Westerling : le denim décliné du vêtement aux objets de jeu

Après cinq années consacrées à la pratique de la couture, Julien Westerling a relancé sa marque éponyme en 2026. Le créateur concentre son travail sur les coupes. Les pièces se distinguent notamment par des piqûres apparentes ou des poches découpées en forme de nuages. Cette identité textile est également déclinée sur des vestes, de la toile pour fauteuils et un plateau de jeu de backgammon. Il recherche actuellement des détaillants spécialisés pour structurer son passage à une production en série.
Perpète : un pivot stratégique de l’enfant vers le prêt-à-porter féminin

Fondée en 2019 sur le secteur de la mode enfantine, la marque Perpète a opéré un repositionnement intégral de son activité vers le prêt-à-porter féminin en raison des tensions tarifaires observées sur son marché d’origine. Les collections sont intégralement confectionnées au Portugal à partir de coton biologique certifié. Le style de la marque s’inspire des références visuelles des années 1990, matérialisées par des découpes géométriques et des associations de couleurs en aplats color blocks.
Von Dutch : le retour des codes visuels des années 2000

Désormais propriété du groupe new-yorkais WSG, la marque Von Dutch poursuit son redéploiement en s’appuyant sur un réseau de licences. L’entreprise renforce parallèlement son canal de vente e-commerce pour consolider son ancrage direct auprès des consommateurs. L’offre produit réactive l’esthétique caractéristique des années 2000, portée par le succès des casquettes à patch logotypées, des imprimés saturés et des finitions visuelles “bling bling”.
Rain Kiss : du poncho au développement d’un vestiaire toutes saisons

Créée en 2020 à Amsterdam (Pays-Bas), la marque Rain Kiss s’est d’abord fait connaître par son offre de ponchos imperméables déclinés en six coupes et vingt coloris. Son catalogue s’est progressivement enrichi d’anoraks sportifs illustrés par l’artiste Malika Favre, de manteaux de pluie rain coats et de casquettes. Présente dans les réseaux spécialisés dans la mobilité et les activités de plein air comme Nature & Découvertes, la marque prépare le lancement d’une ligne d’anoraks légers toutes saisons afin d’étendre ses ventes tout au long de l’année.
TBS : un regain d’intérêt pour la chaussure bateau

Ancrée dans l’univers nautique, la marque française TBS constate depuis un an un retour en force de la chaussure bateau sur le marché du chaussant. Pour accompagner cette dynamique, l’équipementier réédite l’un de ses modèles iconiques en le dotant d’une semelle extérieure dite 4×4. Sur les lignes féminines, la marque introduit une option de personnalisation des lacets au moyen de charms décoratifs. TBS met en avant la polyvalence d’usage de ces modèles portables en toutes circonstances et déploie le concept Easy Fit, un système d’enfilage direct sans laçage, au sein de sa gamme Les Marinières.
