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Les fruits et légumes, symboles de la consommation responsable

Les produits maraîchers constituent la partie la plus visible d’une nouvelle tendance, celle d’une consommation respectueuse de l’environnement et des saisons.

Toutes les enquêtes le prouvent: la consommation durable ou responsable, qui consiste non pas à entrer dans un mécanisme de décroissance mais de respect de l’environnement, ne cesse de gagner du terrain. Une étude parue l’an dernier dans 60 millions de consommateurs faisait ressortir que cette habitude était devenue une priorité pour 95 % des Français. L’étude intitulée « Le développement durable est-il soluble dans la crise ? », menée par l’institut Médiascopie et le cabinet Ethicity, est sans doute celle qui met le mieux en exergue ces nouveaux comportements.

« La crise apparaît comme une pollution, le stade actuel d’une planète dans un état délétère, dégradée sur les plans écologique, moral et économique. Dans ce contexte, le développement durable apparaît comme un moyen d’assainir l’environnement« , indique à La Tribune Denis Muzet, président de Médiascopie.

Jusqu’alors perçu comme l’apanage de la frange la plus aisée de la population, ce type de comportements se propage rapidement, le caractère économique aidant à son développement: au-delà de l’acte écologique, c’est la volonté de ne plus dépendre d’un système classé comme « conventionnel » qui émerge. Les fruits et légumes constituent la tête de pont de ces évolutions. Afin de concilier respect de la planète (moins de quantités de C02 émises) et de la saisonnalité, les locavores, une nouvelle race de consommateurs, essaime à toute vitesse dans les villes. Crée en 2007 en Californie, ce mouvement consiste à ne consommer que des produits produits à moins de 160 kilomètres de son domicile. Les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), dont le nombre a explosé en l’espace de quelques années – souvent, il faut se placer sur une liste d’attente pour y entrer – témoignent de cet engouement.

Des groupements de consommateurs établissent un contrat avec un producteur, qui s’engage à fournir de manière périodique un panier dont la diversité et la quantité sont fixées à l’avance. Chaque semaine, les adhérents se retrouvent pour récupérer leurs produits, et établissent par la même occasion un lien avec un agriculteur. Ce dernier bénéficie de prix stables et d’une sécurité dans ses débouchés, le contrat courant sur une longue période. La négociation des prix s’effectue sans intermédiaire. Ce système est également l’occasion de consommer des produits de saison: les fraises importées d’Afrique en plein hiver ou produites sous diverses conditions technologiques n’ont plus la côte ! Même si ces comportements sont encore relativement peu courants, ils tendent à prendre de l’ampleur, le problème étant le manque de structures. A Rungis, les acheteurs peuvent désormais trouver du raisin venu d’Inde, mais les consommateurs adhéront-ils à la démarche ?

Les produits maraîchers retrouvent également des vertus écologiques à travers l’agriculture biologique, dont la démocratisation est un symbole fort. Ils ne représentent encore que 2,6 % des dépenses des ménages en fruits et légumes frais, mais 21 % de consommateurs supplémentaires ont rejoint la filière depuis deux ans, l’arrivée d’un enfant constituant souvent l’élément déclencheur selon les études. Le label « AB », défini par le ministère de l’Agriculture depuis 1985, s’est érigé en un véritable repère. Six organismes agrées doivent notamment vérifier que les produits candidats soient composés d’au moins 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique.

Toutefois, l’agriculture biologique ne répond pas encore de manière satisfaisante aux besoins des Français, comme en pourront témoigner les « locavores »: l’Australie est le premier producteur mondial, plus de 10 millions d’hectares étant certifiés contre 4,8 millions en Europe.

Publié dansActualité socialeSociété