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Les Français ne croient plus en l’Europe

83 % des Français estiment que l’action de l’Union européenne est inefficace.

Plus de vingt ans après la ratification du Traité de Maastricht, les Français ne croient plus en l’Union européenne, d’après un sondage réalisé par BVA pour Le Parisien et l’Institut de relations internationales et stratégiques*. « En 2014, pour la première fois, une majorité relative de Français perçoit la construction européenne comme une source de crainte (40%) plutôt que comme une source d’espoir (31%) », indiquent les auteurs de l’étude.

La construction européenne constituait une source d’espoir pour 63 % des Français en octobre 2003, avant de convaincre de moins en moins de sondés au fil des sondages, à l’exception de 2011, en pleine crise financière. Les 25-34 ans, les ouvriers, les semi-urbains ainsi que les sympathisants d’extrême gauche et du Front National figurent parmi les catégories « qui n’espèrent plus ». A l’inverse, les Français âgés de plus de 65 ans, les cadres supérieurs, les hauts revenus et les habitants de l’agglomération parisienne demeurent encore convaincus en majorité.

A l’approche des élections européennes, le bilan est sombre. 83 % des Français estiment ainsi que l’Union européenne n’est pas efficace (57 % jugent son action peu efficace, et 26 % pas efficace du tout). L’efficacité perçue de l’Union européenne est négative parmi toutes les catégories recensées par BVA, sympathisants de gauche, de droite et personnes sans proximité partisane compris. Lors du scrutin du 25 mai prochain, quatre Français sur dix devraient voter en fonction d’enjeux nationaux pour se saisir de cette occasion de s’exprimer.

Pour BVA, les difficultés éprouvées par l’Europe dans le cadre de la crise politique ukrainienne ont pu influer sur les résultats du sondage. Le sentiment d’inefficacité est cependant largement répandu et a nettement progressé par rapport à l’année 2013 (75 %). Les élections européennes, qui peinent à passionner les foules notamment en raison du manque de notoriété des candidats déclarés, constitueront à cet égard un véritable « test » de popularité des institutions.

*Sondage réalisé par Internet les 27 et 28 février 2014 auprès d’un échantillon de 972 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Publié dansActualité socialeSociété