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«Les Français aiment leur entreprise, mais veulent être davantage écoutés»

Mis à jour le 13 février 2017

Les Français adhèrent aux valeurs entrepreneuriales, mais sont à la recherche d’une proximité plus grande avec leurs managers, souligne le dernier baromètre Kea.

Les Français aiment l’entreprise ! La dernière édition du baromètre réalisé depuis cinq ans par le cabinet de conseil Kea en partenariat avec Barrett Values Centre et OpinionWay souligne que les Français sont plutôt motivés à travailler au sein de leur entreprise, même si l’engagement tend à être moins fort au sein des grandes structures. Les Français ont une perception de plus en plus positive de leur entreprise, à contre courant de celle qu’ils ont de la société, il s’agit même d’un record en cinq ans. Une différence de valeurs prônées entre le secteur privé et le public est néanmoins constatée. Quand dans le privé les Français placent l’efficacité et productivité au premier rang, dans le second ils désirent plus de bien être au travail et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Philippe Mondan, directeur associé chez Kea, répond aux questions de Business & Marchés.

Quelle perception ont, aujourd’hui, les Français de la culture d’entreprise?

La culture d’entreprise, telle qu’ils la désirent, est très proche de la culture vécue, ce qui est, cette année, exceptionnel dans ce type d’enquête. Les valeurs désirées de bien commun passent avant celles d’intérêt personnel et démontrent que les Français ne sont pas si différents dans l’entreprise que dans leur vie personnelle. Globalement, les Français qui ont une opinion très positive sur l’entreprise. Toutefois, dans les entreprises de moins de 50 salariés, on se sent mieux. Lorsque le top management est plus en proximité, les orientations de l’entreprise sont mieux comprises et mieux partagées, la culture est meilleure. L’écoute et l’autonomie sont aussi des valeurs plébiscitées par les Français qui travaillent dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Valeurs en entreprise - Baromètre Kea 2016-2017

« Les Français aiment toujours l’entreprise », rappelez-vous. Pourquoi semble-t-on toujours entendre une forme de bashing à l’égard des entreprises?

Le poids de la hiérarchie et la réduction des coûts sont deux valeurs freins qui limitent la performance des entreprises. La hiérarchie devrait être un accélérateur de la responsabilité, en faisant grandir les collaborateurs – plutôt qu’une simple courroie de transmission d’ordres à exécuter. La réduction des coûts est prégnante dans les grandes entreprises, alors qu’elle ne semble pas être un problème dans les petites entreprises, qui tentent souvent de ne pas dépasser le seuil de 50 personnes. La réduction de coûts est souvent vécue comme une baisse de la qualité. Il faut instaurer une culture de la performance, qui commence par un bon partage de la vision de l’entreprise.

«L’équilibre vie privée/vie professionnelle, une aspiration qui gagne du terrain»

La reconnaissance et l’épanouissement sont au cœur des attentes des salariés. Comment les entreprises peuvent-elles les accompagner ?

Ces valeurs sont en effet plus désirées qu’elles ne sont vécues, et cela depuis le début de notre baromètre. Travailler sur la reconnaissance ne demande pas forcément plus de moyens financiers, mais souvent, plus d’attitude managériale positive, qui ne coûte rien! On a aussi cette année une aspiration forte qui monte : l’équilibre vie privée/vie professionnelle, de plus en plus demandé. On constate des écarts de générations à ce sujet. La génération qui semble la plus sensible aux dysfonctionnements de l’entreprise est celle des 30-40 ans, qui a commencé à s’affirmer en entreprise, et qui a envie de progresser. Elle affiche un taux d’entropie culturelle (taux de d’énergie gaspillée) plus élevé.

Valeurs en entreprise par âge - Baromètre Kea 2016

Des entreprises sont néanmoins plébiscitées par l’opinion: les start-up…

Toutes les start-up veulent changer le monde ! Elles veulent changer quelque chose, résoudre un problème consommateur… Cette motivation de changer le monde crée une motivation collective très forte. Dans une entreprise qui a 5000 ou 50000 personnes, le monde bougera aussi, mais c’est plus difficile de faire partager une vision. En outre,  le comportement des dirigeants doit rester exemplaire.

Publié dansEconomieEntreprisesManagement