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L'environnement à la rescousse de la Bourse ?

La vie en vert (1). Un an après le Grenelle de l’Environnement, Problématiques fait le point sur les questions liant l’économie et l’écologie.

Et si les marchés financiers voyaient l’avenir en vert ? Dans un mouvement de déprime caractérisé depuis maintenant plusieurs mois, les valeurs du secteur de l’environnement apparaissent comme les firmes capables de tirer les indices à la hausse. La tenue du Grenelle de l’Environnement l’an dernier a permis de prendre conscience de l’enjeu représenté par la protection de la planète, non seulement sur un plan écologique mais aussi économique: ce qui était auparavant considéré comme une niche se transforme en un business à part entière, avec le développement de solutions propres dans plusieurs domaines ainsi que le renforcement du cadre règlementaire.

« Les mouvements haussiers font une place aux technologies de l’environnement. L’explosion des investissements dans les greentechs est indiscutable, mais il ne faut pas oublier que l’on part de très bas« , explique à Ecolife le professeur de Droit et environnement à l’ESSEC Thierry Sibieude. Entre 2006 et 2007, les investissements dans les technologies écologiques ont progressé de 60 %. Entre le premier et le second trimestre de cette année, la hausse des investissements dans le secteur de l’environnement a elle aussi atteint 60 %. La vie en vert peut donc avoir du bon pour les affaires. Le solaire thermique (panneaux photovoltaïques…) mobilise la majeure partie des dépenses, avec 278 millions de dollars entre les mois d’avril et juin à l’échelle mondiale.

En France, tout est mis en oeuvre (ou presque) pour faciliter la conversion de la population aux énergies renouvelables et à une attitude écologique, ce qui bénéficie aux firmes installées sur ce créneau. Les crédits d’impôts et le bonus-malus appliqué depuis l’an dernier aux automobiles en sont les signes les plus visibles. L’explosion des initiatives locales profite par ailleurs aux PME. Le conseil général du Val-de-Marne a récemment installé dans différents quartiers-test des collecteurs d’eau individuels, qui remplacent le branchement sur le réseau d’eau pour procéder à des travaux tels que l’arrosage d’un jardin ou le lavage d’un véhicule.

Les entreprises absentes de ce créneau tentent, elles aussi, de s’arroger une part du gâteau, la plupart du temps en termes d’image. S’afficher comme une firme éco-responsable est en passe de devenir indispensable à tout bon chef d’entreprise. Selon une étude réalisée par Ernest&Young l’an dernier, 73% des entreprises françaises sont comité dédié à la Responsabilité sociétale et environnementale. Le développement durable est les « axe de renouveau, une opportunité de marché, une source de création de valeur et un levier susceptible de faire évoluer les pratiques« , selon ses auteurs.

Toutefois, cet engouement possède des limites, en particulier sur le plan boursier: les actions des sociétés engagées dans le traitement des déchets « capitalisent environ 15 fois leurs bénéfices prévus pour 2007, contre 50 à 60 fois pour les spécialistes du solaire ou de l’éolien« , déclarait ainsi l’an dernier un gérant au Monde, ce qui prouve l’existence d’importants différenciels entre les composantes de la branche environnementale. Un emballement trop soudain des investissements est aussi à craindre: « le scénario d’une bulle reste plausible. Lorsque l’on voit la rapidité avec laquelle la Bourse peut se déconnecter de l’économie réelle », rappelle Thierry Subieude. Mais, en ces temps de crise, les valeurs du secteur misent sur leur capacité d’attraction pour rebondir.

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