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La formation comme rempart à la crise

L’examen du projet de loi destiné à transposer l’accord interprofessionnel sur la formation s’inscrit dans un contexte propice au développement des compétences des salariés.

En demandant « solennellement à toutes les entreprises de France de suivre la voie tracée » par Veolia, qui a réalisé la semaine dernière une belle opération de communication en affirmant avoir convaincu 51 grandes entreprises de 24.000 jeunes supplémentaires en formation en alternance, le président de la République Nicolas Sarkozy l’a réaffirmé: c’est par les compétences que l’on sortira le plus rapidement de la crise.

Cette relance de l’alternance, déjà initiée au cours du précédent semestre avec une batterie de dispositions fiscales, vient conforter les professionnels de la formation dans leurs projets pour 2009. Afin de préparer un retournement de la conjoncture vers un contexte économique plus favorable à la consommation et aux investissements, la formation apparaît comme incontournable. « L’idée qu’il faut profiter des périodes de sous-activité pour former plutôt que licencier se propage. La formation professionnelle a longtemps été assimilée à une dépense plutôt qu’à un investissement. C’est en train de changer », explique aux Echos la secrétaire nationale de la CFDT Annie Thomas.

Renforcer l’accès à la formation

La mise en place d’un Fonds d’urgence pour la formation correspond à ce nouvel état d’esprit. Crée en mai dernier et doté de 360 millions d’euros, il a pour objectif de permettre aux chômeurs et salariés les plus affectés par la crise de bénéficier d’une formation. Une batterie de projets est actuellement en cours d’évaluation par le Comité paritaire national pour la formation professionnelle, qui regroupe les partenaires sociaux signataires de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 7 janvier sur le développement de la formation tout au long de la vie professionnelle, la professionnalisation et la sécurisation des parcours professionnels.

Dans le contexte actuel, le renforcement de l’accès à ces modules fait office de priorité. « Si vous êtes chômeur, vous avez moins d’accès à la formation que si vous avez du travail. Quand vous avez dépassé 45 ans, vous avez encore moins la possibilité de vous former », avait déclaré Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne. Ce point est examiné depuis mercredi dernier par les députés, qui examinent le projet de loi destiné à transposer l’ANI du 7 janvier. Le Congé individuel de formation pourrait notamment être valable pour les sessions organisées en-dehors du temps de travail, le Droit individuel à la formation utilisé par les salariés licenciés, et un bilan d’étape professionnel effectué tous les cinq ans.

Véritable valeur refuge en période de crise, la formation professionnelle se distingue par les multiples dispositifs qui permettent d’y accéder, et la variété des programmes proposés. Les modules consacrés à l’efficacité personnelle, la communication et le management sont parmi les plus courus à l’heure actuelle, l’objectif étant notamment in fine d’accroitre les gains de productivité et d’améliorer les relations et la diffusion de l’information au sein de l’entreprise. Les publics ayant initialement une formation technique et amenés à évoluer vers des postes d’encadrement figurent parmi les premiers concernés.

Une nouvelle tendance se dessine actuellement dans le secteur: afin de convaincre les entreprises encore réticentes à investir en temps de crise, des formations à bas prix font leur apparition. Une initiative de plus en parallèle des différentes aides proposées par les collectivités.

Publié dansEconomie