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Edito : une innovation collaborative à sens unique…

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Trop nombreuses sont les entreprises ne répondant pas aux attentes des consommateurs qui s’engagent en leur faveur.

Consommateurs et contributeurs (3/3). Le déploiement de dispositifs de co-innovation par les entreprises peut permettre non seulement aux entreprises concernées de s’attirer les faveurs de leurs clients au moyen d’un renforcement des relations entre ces deux parties, mais également un transfert de compétences vers le consommateur final. Dans les cas de coproduction de biens ou de services, cette contribution peut se muer en obligation, sous peine de ne pouvoir correctement atteindre l’objectif d’achat souhaité.

La relation de subordination inversée, fréquemment mise en exergue dans le commerce de détail, au sein de laquelle le client est considéré comme un « roi », s’effectue, dans le cadre des dispositifs de co-innovation, à double sens : le client accepte certes de participer, mais peut attendre de l’entreprise une forme de reconnaissance qui s’exprimera, par exemple, par la prise en compte de sa contribution lors de la conception du produit définitif. Inversement, la firme doit s’assurer d’un minimum de « productivité » de la part de ces contributeurs, veiller à rester dans les principes initialement définis et trouver le juste milieu entre ouverture au public et la protection de ses travaux.

Possédant à la fois des éléments de pouvoir sur l’entreprise au moyen de la possibilité de pouvoir réaliser un acte de consommation, mais dépendant de celle-ci pour pouvoir accéder au bien ou service recherché – notamment en situation de monopole, comme dans les transports publics – l’usager n’est pas un producteur comme un autre. Lorsqu’il s’entage, notamment par le biais des dispositifs de crowdsourcing, il manifeste son appartenance à un collectif ou son soutien à un objet, mais est contraint par le cadre fixé par l’entreprise pour lui permettre de s’exprimer.

Les dispositifs de co-innovation présentent la particularité d’affecter des typologies à leurs participants, l’utilisateur d’un produit ou le contributeur n’ayant aucun lien avec l’entreprise pouvant être considérés différemment. Leur niveau de compétences ainsi que leur appartenance sociale sont passés au crible afin de maximiser l’impact de telles opérations. Quelque soit le département qui en est à l’origine – Marketing, Recherche & Développement – l’entreprise exerce donc un profilage des personnes qui l’accompagneront, obligeant l’usager à confier des informations – précieuses – sur sa personne. Le producteur y joue donc un rôle primordial.

En termes d’usages, le passage des individus et des consommateurs du statut de récepteurs à celui d’émetteurs dans certains cas où, plus généralement, d’une position intermédiaire, modifie donc la nature des relations entre l’offreur et le demandeur, essentielles en matière d’innovation… mais ne renverse pas pour autant complètement la balance.

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