Économie

Grandes écoles: les jeunes diplômés face à la crise

Le manque de visibilité des entreprises pénalise l’insertion des jeunes diplômés, une situation confirmée par la Conférence des grandes écoles.

Un coup d’œil aux entreprises plébiscitées par les diplômés des grandes écoles suffit à s’en convaincre : ils ne cessent de croire au potentiel de leur formation, et se disent attirés par des firmes aussi importantes que BNP Paribas, Apple, EDF, Google ou EADS. Des grands noms qui, pour leur part, recrutent de manière moins effrénée depuis plusieurs mois, ce que confirme notamment le temps moyen de recrutement à la sortie de l’Essec, passé de deux à quatre mois depuis le début de la crise. L’école conseille aujourd’hui de se rabattre sur des firmes moins prestigieuses ou de repousser le passage de leur diplôme pour continuer à bénéficier des conventions de stage.

La Conférence des grandes écoles confirme cette situation dans son étude sur l’insertion des jeunes diplômés, menée auprès de la promotion 2008. Le taux d’emploi des diplômés d’écoles d’ingénieurs est passé, entre 2007 et 2008, de 94,9 % à 84,6 %, une chute qui concerne pourtant une période où la crise n’était pas à son apogée. Dans les écoles de management, ce taux a évolué de 93,9 % à 82,5 %.

« En valeur absolue, ces chiffres restent très satisfaisants – même si l’on assiste sans doute à un retournement de tendance, après plusieurs années de progression marquée de l’ensemble des indicateurs », a expliqué le président du groupe HEC Bernard Ramanantsoa, la Conférence des grandes écoles rappelant qu’au bout d’un an, 70 % des diplômés exercent une activité professionnelle, contre 75 % un an auparavant.

Dans ce contexte, nombreux sont les étudiants à vouloir repousser leurs études, une option que nombre de spécialistes conseillent à condition de bien préparer son projet professionnel : il ne s’agit pas d’accumuler les diplômes, mais de compléter harmonieusement une formation par un cursus pouvant, par la suite, être mis à profit. Le manque de visibilité éprouvé par les entreprises pénalise les projets de recrutement, les timides signes de reprise économique ne pouvant constituer un véritable feu vert pour revenir sur le marché de l’emploi. La multiplication des stages témoigne de ce contexte : au-delà de l’aspect financier, les firmes peuvent ainsi entretenir une forme de « période d’essai » à la prise de risque limitée.

« Les jeunes diplômés doivent privilégier les missions d’intérim et les CDD. Une façon pour eux de multiplier les expériences et d’avoir un pied dans le monde de l’entreprise. Cela vaut toujours mieux que d’inscrire sur son CV une longue période de recherche d’emploi », indique au Point Olivier Gélis, directeur général du cabinet de recrutement Robert Half International France. A l’Essec, on insiste sur la valeur des diplômes et les acquis, des paramètres exploités par de nombreuses entreprises dans leurs campagnes de recrutement, promettant notamment des carrières internationales… après la crise.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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