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« La France doit capitaliser sur ses atouts dans le cloud computing »

2 min de lecture

Le PDG de Cheops Technology, Nicolas Leroy-Fleuriot, livre à Business & Marchés son opinion sur le développement du cloud computing en France.

Nicolas Leroy FleuriotAlors que l’affaire d’espionnage Prism fait toujours du bruit et que les deux opérateurs de « cloud souverain » français Cloudwatt et Numergy tentent d’imposer leur marque, Nicolas Leroy-Fleuriot, PDG de Cheops Technology, une entreprise spécialisée dans les datacenters, répond aux questions de Business & Marchés sur le développement de l’informatique dans les nuages en France.

Business & Marchés — Alors que la concurrence fait rage sur le marché du cloud, quelle est la performance des entreprises françaises ?

Nicolas Leroy-Fleuriot — Les entreprises françaises s’en sortent très bien ! Il y a encore quelques années, nous étions un peu en retard par rapport aux autres pays européens. Mais nous avons bien comblé notre retard.

Le président d’EuroCloud, l’association qui regroupe l’écosystème autour du cloud computing explique que la France est devenue le marché le plus dynamique en Europe. En 2014, le marché devrait atteindre les 4,1 milliards d’euros dont près de la moitié pour les applications en SaaS (Software as a Service). La France dépasse désormais l’Allemagne et se rapproche du Royaume-Uni pourtant en avance sur nous du fait d’une culture de l’externalisation plus large des services publics et de leur affinité avec les USA. En outre, la création de deux clouds souverains, même si c’est selon moi un de trop, a contribué à l’image de la France à l’échelon européen.

Comment la France peut-elle développer ses entreprises spécialisées dans le cloud ?

La France doit attirer plus de clients internationaux et donc construire plus de centres de données ou du moins moderniser un certain nombre d’entre eux. Elle doit capitaliser sur ses atouts, que sont le droit français moins intrusif que le droit américain dans le business et sur une énergie de qualité et moins chère que dans d’autres pays, idem pour ses réseaux haut-débit.

Des pays comme le Danemark, la Finlande, la Suède ont bien appréhendé les stratégies du secteur en mettant en place des positionnements stratégiques pour favoriser l’implantation de datacenters sur leurs sols. Résultat : ils arrivent à attirer plus de clients internationaux que la France. Bien entendu, je ne peux écarter le volet fiscal qui nuit au développement des entreprises françaises même si le crédit d’impôt recherche et le CICE sont positifs, c’est loin de suffire face à l’armada d’optimisation fiscale utilisée par les géants américains. Une solution serait de créer un impôt sur les sociétés dédié aux entreprises du cloud à taux réduit…

Comment convaincre les clients de choisir un acteur français du cloud ?

Les arguments sont nombreux. Chez Cheops, nous les utilisons massivement : entreprise de droit français, avec des contrats de cloud de droit français, et une capacité à personnaliser le cloud en fonction des attentes et des contraintes du client. En outre, la France ne manque pas de qualités en termes de sécurité du territoire, de qualité de la bande passante, de coût de l’énergie… Des avantages que recherchent les entreprises. Les affaires Prism et Snowden doivent faire prendre conscience que la taille d’un acteur ne suffit pas assurer la sécurité et la confidentialité des données. Les prochaines affaires viendront inéluctablement d’espionnage industriel pour les informations stockées dans des clouds américains par exemple, ce qui ne doit pas arriver avec des opérateurs de cloud français.

Photo : Technology connectivity concept par Shutterstock

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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