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Les Français désapprouvent les blocages et la loi d’amnistie

La qualité du dialogue social est vivement critiquée.

Selon un sondage réalisé par CSA pour l’Institut supérieur du travail*, 85 % des Français estiment que le dialogue social fonctionne mal. Les actions des syndicats patronaux et de l’Etat font notamment l’objet de forts taux de désapprobation.

68 % des Français considèrent que, lors d’un blocage des lieux de travail, les pouvoirs publics et la direction doivent intervenir pour garantir aux salariés qui le souhaitent l’accès à leur poste. Les sympathisants de droite ainsi que les travailleurs indépendants sont particulièrement favorables à cette attitude, tandis que les sympathisants du Front de Gauche sont contre à hauteur de 61 %.

Ces dernières semaines, des débordements faisant suite à des plans sociaux (PSA Aulnay, Goodyear à Amiens…) ont davantage été médiatisés que de tels blocages. Une proposition de loi d’amnistie, visant « des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales et revendicatives » entre le 1er janvier 2007 et le 1er janvier 2013, a été adoptée par le Sénat. La réintégration des salariés licenciés suite à tels actes est par ailleurs proposée.

A titre personnel, 49 % des Français sont opposés à ce texte, 27 % y étant « plutôt opposés » et 22 % « tout à fait opposés ». Parmi les personnes y étant favorables, la présence de 41 % de salariés de l’Etat et de 40 % de salariés d’entreprises publiques est à noter, tout comme la forte adhésion des jeunes âgés de 18 à 24 ans (37 % d’entre eux se prononcent en faveur de la loi).

La mobilité n’effraie pas

Les réponses à ces deux questions illustrent un comportement prudent de la part des Français. Cette attitude se retrouve également dans le cadre de la mobilité, un des facteurs d’adaptation face à la crise, dont la mise en œuvre peut se révéler, en raison des contraintes familiales, compliquée.

54 % des personnes actives ou au chômage présentes dans le panel de sondés seraient prêtes à déménager pour des raisons professionnelles, 20 % y pensant « déjà » et 34 % « n’y pensant pas pour l’instant ». La mobilité pourrait s’effectuer sur l’ensemble du territoire, la recherche d’un meilleur salaire et la qualité de vie en région constituant les deux premiers critères pesant dans la décision de déménager.

*Sondage réalisé par CSA pour l’Institut supérieur du travail entre le 19 et le 21 mars, par Internet, auprès d’un échantillon représentatif de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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