Aller au contenu

Financement: les PME sortent difficilement de la crise

Les petites et moyennes entreprises abordent la sortie de crise entre difficultés et optimisme. Panorama.

Résultats et économie : de fortes inquiétudes. Selon le dernier baromètre IFOP/KPMG réalisé auprès de 401 patrons de PME, 38% font part d’un résultat avant impôts sur l’année 2009/2010, tandis que 31% notent une diminution. De plus, 44% des dirigeants interrogés estiment que les délais de paiement ont influé sur leurs résultats. Près d’une PME sur deux a été contrainte de réduire ses marges l’an dernier, affectant des capacités de développement déjà entravées par la crise.

Les hausses de prix, telles qu’actuellement observées dans la grande distribution, concernent également les petites et moyennes entreprises, qui pointent du doigt leurs fournisseurs. 86% des PME industrielles craignent ce renchérissement ! Les relations commerciales entre entreprises sont donc au cœur des difficultés exprimées par les dirigeants. A noter : 61% d’entre eux s’estiment plutôt inquiets pour l’économie française.

Crédit : les difficultés persistent. L’accès au crédit figure parmi les principales difficultés éprouvées par les petites et moyennes entreprises. 70% des dirigeants témoignent d’au moins une mesure de durcissement imposée ces derniers mois par leur banque (contre 64% en décembre et 68% en septembre). La Médiation du crédit, mise en place au cœur de la crise pour dénouer les situations les plus difficiles, continue son activité : en deux ans, elle a reçu plus de 30.000 demandes et aidé 12.000 sociétés.

Oseo a par ailleurs accompagné 80.000 PME au moyen du plan de relance : « nous avons garanti plus de 6 milliards d’euros de crédits bancaires et aidé 26.000 entreprises à renforcer leur trésorerie », indique aux Echos son directeur adjoint de l’exploitation, Jean-Marc Durand. Toutefois, selon la Banque de France, l’accès au crédit des PME a grimpé de 5,3% entre mars 2010 et mars 2011 : la reprise économique offre une visibilité accrue aux acteurs économiques.

Bourse : les indicateurs (presque) au vert. Malgré un intérêt en recul pour les marchés financiers et la frilosité supposée des investisseurs, le nombre de PME et d’ETI cotées est resté stable (574 sociétés). D’ici la fin octobre, un rapport proposant des propositions pour « un financement efficace et disponible des PME et ETI par les marchés dans le contexte d’internationalisation croissante des Bourses » devrait être remis au ministre de l’Economie par Gérard Rameix, médiateur du crédit, et Thierry Giarni, président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché.

En 2010, 4,3 milliards d’euros de fonds propres ont été apportés aux PME et ETI suite à des introductions ou augmentations de capital. Le partenariat stratégique conclu entre NYSE Euronext et Deutsche Börse provoque toutefois des inquiétudes sur la facilité à contacter l’opérateur boursier ou la position de la place de Paris dans ce nouvel ensemble. En mai dernier, l’Autorité des marchés financiers mettait en exergue les problèmes posés par le renforcement de la réglementation aussi bien en Bourse que pour les banques.

Dans ce contexte difficile, l’Etat tente de ménager les PME du secteur numérique, dont le potentiel de contribution à la croissance est régulièrement mis en avant. Un fonds commun de placements à risque vient ainsi d’être lancé par le gouvernement, la Caisse des Dépôts et le commissariat général à l’Investissement. Des fonds pour des activités moins virtuelles qu’il n’y paraît.

Publié dansEntreprisesInvestissement