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Escalade, textile, bière : comment Arkose & Co rebondit après la crise

3 min. de lecture

Malgré la crise, Arkose & Co prévoit d’ouvrir deux lieux en 2022 et quatre en 2023. L’exploitant de salles d’escalade dotées d’un restaurant (20 établissements), qui compte aussi une activité de conception-développement et de vente de matériels et vêtements pour les grimpeurs (Snap), ainsi qu’une activité de brasserie (Oskare) regroupe environ 400 personnes. Compte tenu de la fermeture prolongée des salles, le chiffre d’affaires 2021 est attendu aux alentours de 13 millions d’euros, contre 23 millions d’euros en 2019. Grégoire de Belmont, associé-cofondateur et directeur général du groupe, revient sur le redémarrage de l’activité.

De quelle manière se déroule la reprise, dans un contexte encore marqué par la crise ?

Grégoire de Belmont – La reprise, compte tenu du business général des loisirs sportifs marchands, se passe assez bien. Certains de nos lieux affichent une fréquentation en recul (télétravail, passe vaccinal, concurrence qui s’est développée), notamment sur les nouveaux grimpeurs. Cela ira beaucoup mieux quand il n’y aura plus de mesures spécifiques. Contrairement au rapport au secteur du fitness, nous ne sommes pas en danger. Nous n’avons pas prévu de nouveau plan de communication, mais nous modernisons nos stratégies de conquête client grâce à une utilisation de la data plus structurée. On peut cibler de manière plus fine. Les clients fidélisés sont moins volages, et l’escalade est un sport qui ne s’est pas auto-concurrencé avec les vidéos en ligne. On a besoin d’installations physiques.

Quels outils vous ont-ils permis de tenir ?

En 2020, nous avons fait partie des entreprises qui n’ont pas été aidées. Nous avons mis en place le chômage partiel sur une large partie de nos équipes, nous avons dû faire appel aux prêts garantis par l’Etat, et nous avons dû négocier avec nos bailleurs, même si nous avons perdu plusieurs millions d’euros. Le fonds de solidarité n’a pas suffi. L’aide à hauteur de 60% du reste à charge nous a permis de taper beaucoup moins vite dans la trésorerie.

Quelle est votre cible ?

80% de nos clients ont entre 20 et 35 ans, avec environ 70% d’hommes et 30% de femmes. Nous avons une belle clientèle familiale le week-end qui accompagne ses enfants. Nos prix d’appel sont assez intéressants, selon les horaires, jusqu’à 50 euros par mois. Nous adressons une clientèle plutôt CSP, mais la gamme de tarifs réduits est assez large. Notre activité de cours de yoga reste, elle, marginale.

Etes-vous satisfaits de l’intégration de Snap ?

Nous avons racheté Snap fin 2017, passant de 400 000 euros à 1,4 million d’euros de chiffre d’affaires. Nous avons multiplié par trois le chiffre d’affaires à l’étranger. A l’origine, Snap fabrique des crashpad, des tapis posés au pied des blocs à l’extérieur. Nous avons poussé les crashpad et la bagagerie, rendue plus moderne. Nous avons ajouté les vêtements et depuis deux ans des prises d’escalade, vendues dans 23 pays. Les prises qui sont dans nos salles ne sont pas que des prises Snap. Dans certaines salles, nous avons aussi développé une activité de boutique avec notre marque Snap et des marques outdoor plus connues. On vise le grimpeur urbain. On vend beaucoup de chaussons d’escalade, et on assure un service de remplacement des semelles.

La diversification dans la restauration porte-t-elle ses fruits ?

La restauration est un pan important de notre activité : nous promouvons la convivialité. On met autant d’énergie à mettre en place une bonne restauration qu’une bonne escalade. En moyenne, 35% à 40% de l’activité du groupe se fait sur le F&B, avec des écarts de 30% à 50% en fonction des lieux. Sur la bière (Oskare), nous produisons 100 000 litres par an dans notre salle de Nation, à Paris. Nous vendons 75% des volumes dans nos salles franciliennes, le reste dans le circuit CHR. L’activité a plongé lors de la fermeture de nos salles, mais notre clientèle de cavistes s’est bien développée durant la crise Covid. Oskare génère 400 000 euros de chiffre d’affaires. Nous avons sept références de bières, et nous effectuons régulièrement des collaborations. Nous disposons de trois brasseurs et d’un manager. A Bruxelles (Belgique), nous avons implanté une brasserie dans une nouvelle salle. Nous commençons à y distribuer notre bière localement.

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A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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