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Eco: les autorités américaines tentent de restaurer la confiance

« Nous traversons une période dure, mais notre économie croît« , a indiqué ce mardi George W.Bush. Le président américain, même s’il fût tempéré par le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke quant à une « hausse malvenue de l’inflation« , a de quoi se réjouir: le comité de politique monétaire a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’année 2008.

Alors que l’on disait il y a quelques semaines encore que l’économie américaine était au bord de la récession, la Fed a fait savoir que la progression du PIB devrait s’établir cette année entre 1,0 % et 1,6 %, contre les 0,3 % à 1,2 % escomptés en avril. Cependant, ces chiffres restent « notablement » sous le rythme habituel des Etats-Unis, a rappelé M. Bernanke. « Une responsabilité cruciale des gouverneurs de la banque centrale est d’empêcher que ne s’installe le processus » d’une spirale inflationniste, a expliqué ce dernier, pour compléter son propos. En effet, les prévisions inflationnistes ont elles aussi été revues à la hausse, entre 3,8 % et 4,5 %. « A la lumière de la hausse des risques d’inflation, nous devons être particulièrement attentifs à tout signe montrant que les impulsions inflationnistes données par les prix des matières premières semblent s’installer dans le processus de fixation des prix et des salaires« , a déclaré le banquier central.

Les institutions financières au coeur des préoccupations

« Les préoccupations ont évolué et concernent moins la solvabilité de ces institutions et plus leur capacité à consentir les crédits dont notre économie a besoin pour continuer à croître« , a expliqué Ben Bernanke, faisant allusions aux récents déboires de Fannie Mae et de Freddie Mac. Ces établissements crées en 1398 et en 1970 par le gouvernement fédéral afin d’aider les Américains à accéder à la propriété et de fournir des liquidités au marché immobilier. Ces sociétés privées et cotées sont néanmoins adossées à l’Etat en tant que prestataire. Les défauts de paiement sur les crédits qu’elles garantissent s’accumulent, ce qui conduit à une hausse des pertes. Elles risquent de devoir lever des capitaux dans un contexte difficile. Pour les aider, le gouvernement a acté en urgence un plan comprenant une ligne de crédit augmentée, une éventuelle entrée au capital de la part du Trésor, et une possibilité d’emprunt directement auprès de la banque centrale. Ces annonces n’ont cependant pas empêché leurs titres de poursuivre leur chute vertigineuse en Bourse entamée en milieu de semaine dernière.

Un autre établissement témoigne de la mauvaise santé du secteur financier américain: la banque IndyMac, depuis vendredi dernier placée sous tutelle. Suite à une déclaration alarmiste, de nombreux clients étaient venus retirer leurs économies. 1,3 milliard de dollars avaient été retirés depuis le 26 juin dernier. « Le pire est à venir dans le secteur financier. Le conseil que j’ai à donner aux investisseurs est de se tenir loin des valeurs bancaires« , a indiqué à l’AFP Stuart Plesser, analyste chez Standard&Poor’s.

Publié dansEconomiePolitique éco