Aller au contenu

Carrefour: José Luis Duran joue son va-tout

Mission à hauts risques pour le président de directoire de Carrefour José Luis Duran. Alors que le chiffre d’affaires consolidé du second distributeur mondial a progressé de 8,7 % au cours du premier semestre et que la croissance est de 6,7 % au deuxième trimestre, de mauvais résultats dans l’Hexagone captent l’attention des investisseurs.

Le titre a chuté la semaine dernière, plombé par la baisse de 2,3 % des ventes des hypermarchés français et de 2,4 % à périmètre comparable lors du second trimestre, un marché où le groupe réalise encore près de 40 % de ses ventes. José Luis Duran explique cette contre-performance par « des éléments extérieurs. L’inflation des prix des produits alimentaires a entraîné une baisse des volumes de vente des produits de marque nationale. Par ailleurs, la hausse du prix des carburants nous a fait perdre des clients habitant dans des zones éloignées de nos hypermarchés. Dans le même temps, notre activité promotionnelle n’a pas été suffisamment puissante au cours du premier trimestre« . Il s’est exprimé cette semaine auprès du Journal des Finances.

Auparavant en charge de la branche espagnole du groupe, José Luis Duran compte appliquer les recettes ibériques afin de retourner la tendance dans les hypermarchés français. Il s’agit notamment d’accroître la part des produits à marque de distributeur, qui représentent actuellement 30 % des ventes, se pencher sur les contrats en cours avec les fournisseurs au vu de la baisse de volume enregistrée sur les grandes marques, réduire les coûts hormis ceux « indispensables à l’expansion du groupe et au développement du chiffre d’affaires » et intensifier le rythme des promotions.

« La sanction des marchés reflète d’abord l’échec stratégique majeur du groupe en France. Le groupe souffre d’une image en terme de prix calamiteuse, qui avait déjà entrainé en février 2005 le départ de l’ancien PDG Daniel Bernard, mais qui ne s’est pas améliorée depuis. L’enseigne n’ayant pas réussi a rétablir son positionnement autour des prix bas, sa part de marché ne cesse de s’éroder« , explique à L’Express Christian Guyot, analyste chez Tradition securities.

José Luis Duran a du pain sur la planche afin de restaurer l’image prix des magasins français, et doit agir le plus rapidement possible. Le récent affaiblissement du titre offre à Colony Capital et à Bernard Arnault, récemment entrés au capital du distributeur, de nouvelles opportunités pour tenter d’imposer leur stratégie, voire leur homme au conseil d’administration.

Publié dansEconomieEntreprises