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« La crise renforce le rôle de la communication financière »

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Pour Christophe de Lylle, fondateur de l’agence Actifin, la communication financière doit être la plus claire possible dans ce contexte de crise.

Christophe-de-LylleLa crise induit un rapport nouveau entre les entreprises et leurs actionnaires. De plus, le paysage informationnel évolue avec l’essor des outils digitaux. Christophe de Lylle, fondateur de l’agence de conseil en communication financière Actifin, présente à Business & Marchés les enjeux de la communication financière dans ce contexte mouvant.

Business & Marchés – Comment le contexte économique tendu modifie l’approche des entreprises – et celle que vous proposez  – en termes de communication financière ?

Christophe de Lylle – Le contexte économique tendu a rendu les investisseurs plus sélectifs et a donc renforcé l’absolue nécessité d’une communication financière claire, répondant parfaitement aux critères discriminants des investisseurs : profil « pure player », dynamique du marché adressé, position clé sur le marché, proposition de valeur forte, barrières à l’entrée, cohérence du business model, projet de développement ambitieux mais réaliste, qualité du management…

Comment les relations investisseurs peuvent-elles permettre de conserver l’intérêt des actionnaires dans ce contexte ?

Les actionnaires ont besoin de connaître, de comprendre et d’avoir confiance dans la stratégie et le management. L’organisation de rencontres directes et régulières entre les dirigeants et les actionnaires permet un véritable dialogue qui crée les conditions de la confiance. Les demandes en relations investisseurs ont évolué positivement compte tenu de l’afflux de liquidités disponibles depuis le début de l’année (retour des investisseurs vers la zone euro, lancement du PEA-PME, etc.) Le nombre des opérations financières au premier semestre illustre cette tendance favorable.

La forte volatilité enregistrée sur certaines monnaies incite certaines entreprises à faire preuve de prudence quant à leur communication sur le risque de change. Constatez-vous de tels comportements, et comment pouvez-vous les accompagner ?

Malheureusement, les entreprises n’avaient pas suffisamment anticipé cette forte volatilité et donc le risque n’a pas réellement été évalué. En conséquence, la période des résultats à venir va certainement réserver quelques surprises. Pour les entreprises concernées, tout l’enjeu consistera à éviter le profit warning, par une communication le plus en amont possible sur ce sujet afin de préserver la crédibilité des dirigeants et des entreprises. Nous incitons aussi nos clients à communiquer leurs objectifs, lorsqu’ils sont précisément exprimés, à taux de change constant. Cela permet aux analystes et investisseurs de faire leur travail d’appréciation, tout en protégeant l’entreprise face à la volatilité des changes.

De quelle manière l’essor du digital conduit-il à repenser la communication financière (accélération du processus d’information, rapports annuels dématérialisés…) ?

Le digital a complètement bouleversé la communication financière par une information en temps réel et démultipliée. Le digital permet aussi de créer du lien entre les actionnaires et les dirigeants (interview, chat, etc). Le plus fort bouleversement digital en matière de communication financière  est certainement la capacité à lever des fonds auprès des actionnaires individuels avec des campagnes de souscription efficaces (introduction en bourse, augmentation de capital, emprunt obligataire…) avec un fort taux de retour sur investissement. C’est une véritable révolution qui modifie fondamentalement le paysage, notamment pour des sociétés de taille moyenne qui ne pouvaient pas préalablement accéder à cette typologie d’actionnaires.

Photo : Image of business documents on workplace par Shutterstock

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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