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Communication financière : les sociétés face au risque de change

Les entreprises doivent adapter leur communication financière au renforcement du risque de change.

Guillaume Devaux MazarsCes trois dernières années, la crise économique et financière a conduit à une forte volatilité sur les marchés des changes, indique dans une étude le cabinet Mazars. Le contexte d’euro fort dans lequel évoluent les entreprises depuis 2012 et l’internationalisation des échanges entraînent davantage de pression autour de la communication financière, qui doit intégrer le risque de change.

La norme internationale IFRS7 (« Information financière relative aux instruments financiers ») adoptée en 2007 doit par ailleurs être prise en compte par les groupes, soumis à davantage de transparence. Guillaume Devaux, associé chez Mazars, fait le point pour Business & Marchés.

Business & Marchés – Comment les entreprises étudiées dans le cadre de votre étude intègrent-elles le risque de change à leur communication financière ?

Guillaume Devaux – Les normes IFRS imposent aux groupes de communiquer sur l’incidence des risques financiers sur leurs principaux agrégats tant en termes quantitatifs que qualitatifs. En conséquence, les sociétés du CAC 40 fournissaient déjà une information sur leur exposition aux principales devises et sur la sensibilité de leur résultat à une variation plus ou moins importante de la parité avec l’euro. En complément, certaines sociétés étudiées intègrent également le risque de change dans la présentation de leur résultat, que ce soit l’incidence sur le chiffre d’affaires (le plus fréquent), l’EBIT, le résultat opérationnel ou la marge (en pourcentage ou en valeur)

Cette intégration du risque et de l’impact de change est-elle une pratique nouvelle pour ces sociétés, ou s’agit-il d’une adaptation au contexte économique actuel ?

L’intégration du risque de change dans la communication financière n’est pas une nouvelle pratique en tant que telle, mais elle prend de plus en plus d’importance. En effet, depuis trois ans, l’information sur l’impact de change dans les communiqués de presse s’est sensiblement développée. Ainsi, les entreprises ne commentent désormais plus le « résultat opérationnel courant » mais le « résultat opérationnel courant hors effet change », elles ne parlent plus de « croissance » mais de « croissance à taux constants », etc. Cette évolution s’est développée chez de plus en plus d’entreprises ces trois dernières années.

Ainsi, lorsqu’une entreprise affiche une ambition de chiffre d’affaires ou de résultat en euros alors qu’une partie importante de son activité est située dans des zones non euro, la probabilité d’atteinte de ses objectifs est mécaniquement affectée par le niveau de l’euro vis-à-vis des autres devises. Le niveau durablement élevé de l’euro a ainsi incité les entreprises à adapter leur communication pour se prémunir de « profit warnings » imputables à la force de l’euro et non à leur performance opérationnelle.

De quelle manière les entreprises concernées peuvent-elles intégrer durablement l’impact de la volatilité des taux de change dans leurs éléments de communication (résultats, rapports annuels et financiers…) ?

Les rapports annuels et financiers fournissent une communication sur le sujet que ce soit dans l’information disponible sur les facteurs de risques, ou dans les annexes aux comptes dans le cadre d’IFRS7. En revanche, l’évolution de la communication sur les résultats et sur les objectifs financiers n’est pas encore terminée. Les communications financières sur les comptes au 30 juin 2014 montrent que la tendance se poursuit sans qu’il n’y ait encore de consensus sur le fait de prendre en compte ou pas des facteurs tels que les principaux agrégats présentés, le secteur d’activité, l’exposition de la société, les natures de risques auxquels l’entreprise est exposée, sa politique de couverture, etc.

Publié dansEconomieIndustrie financièreMarchés et finance