ÉconomieEntreprisesManagement

Comment Coworkgames, le CE des indépendants, a changé de business model

Coworkgames est passé d’un programme de fidélité à une activité de comité d’entreprise, en se concentrant sur les besoins de sa cible, les indépendants.

Créé il y a un an, Coworkgames propose une offre d’avantages destinés aux travailleurs indépendants, à l’instar des comités d’entreprise. Ce service constitue aujourd’hui le volet d’activité principal de l’entreprise, initialement positionnée comme un programme de fidélité pour les espaces de travail collaboratif. Son CEO, Joffrey Goullet, explique sa démarche à Business & Marchés.

L’idée de départ : récompenser la fidélité des coworkers

« Initialement, Coworkgames était un programme de récompense dédié aux espaces de coworking. Les coworkers gagnaient des points en fonction du temps passé dans un espace de coworking partenaire, afin d’accéder à des réductions ciblées sur leurs besoins professionnels. Nous avions douze espaces de coworking partenaires en France et huit en Belgique ».

La difficulté : un démarrage trop lent

En octobre 2014, l’entreprise a amorcé son changement de modèle. « Le lancement du programme dans les espaces de coworking prenait trop de temps (trois mois en moyenne), et nous nous rémunérions sur les réductions achetées par nos utilisateurs. Nous avons alors décidé d’effectuer un pivotage complet de notre business model, en nous concentrant sur les indépendants (freelances, entrepreneurs, coworkers…) Après avoir consulté nos anciens utilisateurs, nous avons décidé d’élargir notre catalogue et de proposer des offres sur des loisirs. Le comité d’entreprise nouvelle génération venait de naître ».

Le constat : des utilisateurs aux faibles revenus

Les travailleurs indépendants – qui peuvent s’installer dans des espaces de coworking – sont désormais au centre du business model de l’entreprise. « 9 auto-entrepreneurs sur 10 dégagent un revenu inférieur au Smic avec, en moyenne, 4300 euros de revenus annualisés la première année, soit trois fois moins que les créateurs classiques. Au bout de trois ans, 90% dégagent un revenu inférieur au Smic au titre de leur activité non-salariée. En tant qu’auto-entrepreneurs, nous avons aussi pu constater qu’il est bien plus agréable d’être son propre patron mais qu’il pouvait être difficile de trouver ses premiers clients et de dégager un revenu suffisant ».

La réponse : un nouveau service

« Nous avons donc décidé de créer une plateforme qui répondrait d’une certaine manière à ce constat, en transposant le principe des comités d’entreprise aux indépendants. Ceux-ci peuvent accéder à des offres préférentielles dédiées au développement de leur activité (services web, fournitures de bureau, high-tech, etc.) mais aussi pour leurs loisirs (musées, cinéma, loisirs…). Une solution simple pour ainsi leur permettre de faire des économies sur toutes leurs dépenses et se concentrer efficacement sur leur activité ».

La nouvelle activité : un CE pour les indépendants

« L’activité de comité d’entreprise a été mise en place en nouant un grand nombre de partenariats. Nous avons aujourd’hui une trentaine de partenaires dont HP, Wonderbox, Hertz et Pierre & Vacances. Nous continuons d’élargir notre catalogue et nous restons à l’écoute de nos utilisateurs qui peuvent nous contacter quand il le souhaite via la plateforme pour nous faire part de leurs requêtes. Nous réalisons aussi différents partenariats avec des espaces de coworking, des fédérations et associations afin de gagner en visibilité. Nous espérons atteindre 10.000 adhérents d’ici trois ans. D’ici là, de nouveaux services seront lancés ».

Photo : Business man writing business model concept par Shutterstock/Dusit

2098 articles

A propos de l'auteur
Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
Entreprises

Benjamin Kuentz: “nous pouvons ouvrir de nouvelles pistes dans l'élaboration du whisky”

Depuis quatre ans, Benjamin Kuentz s’attache à écrire des recettes de whisky originales, mises en musique par des distilleries françaises. Il lance de nouvelles références.
ÉconomieEntreprises

Apéritif : la success-story de Supernuts, qui lance une gamme bio

En 2015, les produits apéritifs de Supernuts étaient lancés. Cinq ans après, huit références (amandes, noix de cajou, cacahuètes…) sont disponibles, avec…
ÉconomieEntreprises

Start-up : le Barteleur joue la carte des cocktails embouteillés

Proposer des cocktails embouteillés aux professionnels de la restauration et aux amateurs avertis, telle est l’ambition de la start-up parisienne Le Barteleur.