Portés par les réseaux sociaux et des recettes simples à reproduire, les cocktails classiques retrouvent une place centrale dans les bars parisiens, du speakeasy exigeant aux adresses tournées vers un plus large public.
Parfois éclipsés, les cocktails classiques reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène. Cette résurgence s’inscrit dans un double mouvement. D’un côté, une clientèle en quête de repères, séduite par des recettes lisibles, identifiables et rassurantes. De l’autre, l’influence croissante des réseaux sociaux, qui valorisent des préparations courtes.
Façon speakeasy

Vieux Carré
Ouvert il y a dix ans, le barbier-coiffeur et bar à cocktails speakeasy Gentlemen 1919, qui dispose aussi d’une large offre de cigares, a récemment fait évoluer son menu, mais fait toujours la part belle aux cocktails classiques (19 euros). Maxime Simonneau, le fondateur et président de l’entreprise située dans le 8ème arrondissement de Paris, souligne que les réseaux sociaux ont beaucoup aidé à ce regain de notoriété avec des recettes faisables à la maison, souvent limitées à quelques ingrédients que l’on peut facilement twister.
Au Gentlemen 1919, la recette du Vieux carré est ainsi revisitée avec de l’eau-de-vie de cidre 30&40, du whisky Laphroaig 10 ans pour le côté tourbé et la fraîcheur, de la liqueur de châtaigne, du vermouth Antica Formula et un bitter cacao. Au nez, le cocktail se révèle compoté tandis qu’en bouche, il offre une belle longueur avec la douceur du bitter cacao en fond, avant d’être davantage porté sur la pomme au terme de la dégustation. L’établissement répond ainsi à une clientèle qui apprécie les whiskies typés tout en recherchant des textures rondes, à l’image du Penicillin réalisé ici avec du Macallan 12 ans.
Façon grand public

Bramble sour
À Paris, place de la Bastille (11ème), l’hôtel 3 étoiles Oh la la ! dispose d’une réception qui fait également office de bar. Face au constat que des cocktails trop créatifs ne trouvaient pas forcément preneur, le menu a été recentré sur des classiques avec sept références incontournables, quatre recettes “old school” et quatre “modern classics” proposés à 12 euros. Le barman Sébastien Soualem observe que si le Naked and famous ou le Pornstar Martini fonctionnent bien, d’autres classiques comme le Bramble avaient été injustement oubliés.
Bourbon, sirop d’orgeat, orange et citron composent désormais le Bramble sour, qui a intégré ce nouveau menu. Le profil aromatique est ici résolument fruité, doux et juteux au nez. En bouche, le cocktail se montre très citronné, laissant le whisky au second plan avant qu’il ne s’affirme davantage au fil de la dégustation. L’orgeat reste présent en fond pour apporter la texture nécessaire à l’équilibre de l’ensemble.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
