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Bache-Gabrielsen, le cognac apprécié des Norvégiens, débarque en France

La maison de cognac Bache-Gabrielsen se lance sur le marché français. Parmi ses références stars, l’American Oak, riche d’une double maturation.

Une maison de cognac française jusqu’alors quasi-inconnue des consommateurs français, tel est le paradoxe de Bache-Gabrielsen. Depuis le 1er janvier, l’entreprise de Cognac (Charente) est sous contrat avec William Grant & Sons France (ex-Lixir) pour la distribution de quatre références : un VSOP, en grandes et moyennes surfaces, et le XO, le Sérénité Extra ainsi que l’American Oak en cafés-hôtels-restaurants. « Le marché norvégien est un eldorado du cognac, justifie le président de l’entreprise, Hervé Bache-Gabrielsen. Il est couramment utilisé en digestif ». Hong Kong et le marché américain n’ont respectivement suivi qu’en 2012 et en 2016.

Le tropisme de la maison Bache-Gabrielsen pour la Norvège est loin d’être un hasard. En 1877, Josepf Alexander Bache-Gabrielsen crée à Homelstrand une boutique de vente d’alcool. En 1903, un sous-lieutenant norvégien répondant au nom de Thomas Bache-Gabrielsen quitte l’armée et s’installe à Cognac. Deux ans plus tard, il rachète une maison de cognac avec un ami. L’entreprise demeure dans le giron familial, fait construire de nouveaux chais de vieillissement en 2015,  et accélère en parallèle le développement de la commercialisation de sa gamme. L’entreprise produit aujourd’hui 1,6 million de bouteilles par an, avec 150 partenaires viticulteurs et distillateurs. Elle s’arroge le titre de sixième maison de négoce de cognac en volume.

« Nous sommes des négociants-éleveurs : nous achetons de la jeune eau-de-vie à des artisans distillateurs. Nous la faisons vieillir, nous assemblons les différents lots et nous commercialisons la production sous notre marque », explique Hervé Bache-Gabrielsen, qui compte sur les bartenders pour réussir son lancement en France : « il y a quelques années, le marché français n’était pas forcément prêt à s’ouvrir au cognac. Aujourd’hui, nous constatons une quête d’authenticité, tandis que les professionnels du bar sont à la recherche de produits nouveaux pour leurs cocktails. De grands classiques comme l’Old fashioned ou le Sazerac étaient au cognac lors de la prohibition ! »

L’American Oak vise les bars à cocktails

70% de la consommation de cognac s’effectue hors forme digestive. Le fer de lance de l’offensive de Bache-Gabrielsen dans les bars à cocktails se nomme American Oak, lancé aux Etats-Unis en 2016. Vieilli en fûts de chêne français (Limousin), ce cognac passe ensuite au moins six mois en fûts de chêne américain Alba neufs au bois importé du Tennessee et façonné à Cognac. « L’appellation Cognac nous impose de recourir aux fûts de chêne, rappelle Jean-Philippe Bergier, maître de chai depuis 1989 et directeur recherche et développement. Le chêne français a des tanins subtils, mais peu d’arômes. Le chêne Alba a peu de tanins mais beaucoup d’arômes. » Le produit a nécessité cinq ans de R&D.

« Nous souhaitions proposer une nouvelle offre sur le marché du cognac », complète Hervé Bache-Gabrielsen. Un Oak’n’Stormy (10 ml d’American Oak, 30 ml de jus de citron vert, 20 ml de sirop de passion, 100 ml de ginger ale) ou bien un Oak fashioned (50 ml de cognac, 1 trait d’Angostura bitter, 1 morceau de sucre, 1 trait d’eau gazeuse) sont suggérés par la marque pour la faire découvrir auprès des amateurs de cocktails.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Publié dansEconomieEntreprisesIndustrie