Sous une pluie de confettis et les acclamations d’une foule impatiente, Disneyland Paris a inauguré ce 29 mars 2026 Disney Adventure World. Si l’ambiance joyeuse de l’ouverture a captivé les fans, le véritable enjeu se joue en coulisses : un investissement qui redéfinit l’impact économique du premier employeur mono-site de France.
Dès l’aube, ce dimanche 29 mars, l’effervescence était palpable à l’entrée de Disneyland Paris. Des milliers de visiteurs se sont pressés devant les grilles du complexe de loisirs de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne).

Walt Disney Studios a officiellement changé de nom.
L’émotion a atteint son paroxysme lorsque Spider-Man est apparu, à 8h30 pétantes, au sommet du Château d’Eau-reilles pour dévoiler le nouveau nom du second parc, marquant la fin de l’ère Walt Disney Studios. En 2022, l’ouverture d’Avengers Campus avait donné le coup d’envoi de la transformation du second parc d’attractions, initialement conçu en 2002 sur le thème des coulisses du cinéma.
Une haie d’honneur de cast members, le nom donné aux employés de Disneyland Paris, et quelques personnages (Mickey, Minnie et des héros Marvel) ont accompagné les premiers pas des visiteurs. Une foule très dense qui a rejoint, dans une joyeuse cohue, le nouveau land dédié à la Reine des Neiges, World of Frozen. Le temps d’attente est monté, hors accès à la zone, à 240 minutes pour l’attraction Frozen Ever After, hélas tombée en panne la moitié de la journée. Mais derrière les nouveautés, Disneyland Paris est avant tout une machine de guerre économique.
20 000 salariés et une évolution des compétences
Sur le plan social, Disney Adventure World change d’échelle. L’ouverture a nécessité le recrutement de plus de 1000 nouveaux cast members, portant l’effectif total de la destination à plus de 20 000 salariés directs.
Cette extension ne se contente pas de créer du volume ; elle transforme la nature même du travail au sein de la destination. Pour opérer les nouvelles zones, 3500 collaborateurs ont bénéficié de plus de 15 000 heures de formation spécifique. L’émergence d’infrastructures inédites, comme le lac de 30 000 m³, a nécessité la création de nouveaux métiers, tels que des bateliers et des techniciens spécialisés dans les effets aquatiques et robotiques.
Par ailleurs, près de 400 entreprises ont été mobilisées pour ériger le Royaume d’Arendelle et les infrastructures d’Adventure Bay. 82% de ces fournisseurs sont d’origine française ou européenne. Des PME françaises de pointe ont ainsi pu démontrer leur excellence, des ferronniers d’art alsaciens aux ingénieurs en robotique.
Un poids lourd économique
Depuis 1992, 13 milliards d’euros ont été investis globalement sur le site. Plus de 445 millions de visites ont été enregistrées. Disneyland Paris contribue à hauteur de 6,1% aux recettes touristiques totales de l’Hexagone. Ce sont 70 000 emplois directs, indirects et induits qui dépendent désormais de l’activité.
Depuis l’origine du projet, Disney a injecté près de 120 milliards d’euros de valeur ajoutée dans l’économie française, selon une étude commandée par ses soins. En 2018, un plan d’investissement de 2 milliards d’euros, incluant les phases d’extension, avait notamment été annoncé – l’ouverture d’Adventure Way, du lac et de World of Frozen en constitue un large pan.
Stratégie de séjours : conserver de la valeur sur le territoire
L’ambition économique de Disney Adventure World s’inscrit dans une stratégie de captation de valeur à long terme. En doublant quasiment la superficie du parc, l’entreprise change de modèle : elle n’est plus une simple étape, mais une destination de séjour prolongé.
Avec 7 hôtels et 5700 chambres, Disneyland Paris consolide sa place de troisième propriétaire-exploitant hôtelier en France. Cette stratégie vise à retenir les visiteurs — dont 56% sont internationaux — plus longtemps sur le site. Cette densification de l’offre (incluant la rénovation totale du Disney Village et de ses 40 000 m² de commerces) vise à garantir la croissance du chiffre d’affaires, qui s’élevait à 2,7 milliards d’euros en 2025.
Ces dernières années, Disneyland Paris a par ailleurs considérablement relevé ses prix d’entrée, qu’ils soient journaliers ou pour les pass annuels, et adopté une politique de tarification dynamique, selon l’offre et la demande, à l’image du secteur ferroviaire ou de l’hôtellerie.
Val d’Europe, l’autre enjeu du développement de Disney
Derrière le développement de Disneyland Paris, se cache celui du territoire du Val d’Europe, qui fait l’objet depuis 1987 d’une convention multipartite associant le groupe, l’Etat, la région Ile-de-France, la RATP et les établissements publics de Marne-la-Vallée. Ce qui permet à Disney d’acquérir des terrains, et lui confère un rôle clé dans l’aménagement du territoire.
“J’ai évidemment beaucoup de reconnaissance pour le groupe, l’entreprise, ses collaboratrices, ses collaborateurs, pour l’ensemble des élus du territoire et pour les services de l’État, parce que c’est à travers ce partenariat qu’on assure en effet acquérir du foncier, accompagner, bâtir les logements pour les collaboratrices, les collaborateurs, réussir aussi à construire les aménagements et puis, vous, investir”, a ainsi rappelé le président de la République Emmanuel Macron, qui a visité l’extension le 27 mars.
Le territoire du Val d’Europe a vu sa population septupler, pour franchir le seuil des 54 000 résidents, attirant aussi plus de 9300 entreprises. Le cycle de développement 2025-2040 prévoit la création de 112 000 m² de bureaux et de 6000 nouveaux logements. Autre chiffre marquant : à lui seul, le centre commercial situé à 3 kilomètres de l’entrée des parcs draine 20 millions de visiteurs par an.

