Économie

Le Guide Hachette des Bières s’adapte à la transformation du secteur

2 min de lecture
Verre de bière dans une taproom

Recentré sur les brasseries françaises, le Guide Hachette des Bières propose un panorama du secteur dans toutes les régions, et propose un panel de 1000 bières.

Nouvelle année, nouveau Guide Hachette des Bières. Paru pour la première fois en 2014 puis réactualisé en 2017 avec une édition augmentée, il étendait son spectre à l’échelle de l’Europe. Recentré, pour 2021 (avec une date désormais mentionné), sur la France, il s’adapte à l’explosion du nombre de brasseries – elles sont plus de 2000 en activité. “La bière est un produit qui nécessite une expertise, de la fabrication à sa dégustation”, rappelle son auteure, Elisabeth Pierre, spécialiste de la bière et formatrice.

“Il existe de nombreuses brasseries avec des qualités de recettes extraordinaires. J’ai aussi découvert des brasseries dont personne ne parle. Une belle diversité de styles a été présentée. Il y a, également, de plus en plus de bières en barriques”, indique-t-elle. Un an de travail (rendu plus difficile avec les confinements) a été nécessaire à la rédaction de l’ouvrage. Les brasseurs intéressés pouvaient présenter leurs échantillons et remplir un questionnaire en répondant à l’appel d’Hachette Livre, avant d’être interrogés. Classées par style, les bières ont été dégustées à l’aveugle, puis notées par critères. Au total, 1000 bières émanant de 300 brasseries différentes ont été évaluées.

“Il n’y a pas de volume de production minimum, les brasseries étant très variables sur ce point”, précise Elisabeth Pierre, mais une attention à présenter des bières que les brasseurs sont sûrs de produire au moins de manière saisonnière. Signe de l’époque, de nombreuses variations de l’India Pale Ale (black IPA, doubles IPA, brut IPA…) émergent. La plupart des brasseries produisent désormais au moins une IPA. Le guide contient par ailleurs un chapitre consacré aux tendances (la canette, les lagers, les brewpubs, les ateliers de brassage, le tourisme brassicole…)

Une période difficile pour les brasseurs

La parution du guide, bouclé à l’automne dernier, intervient dans une période difficile pour la profession. “Un certain nombre de brasseurs sont en mauvaise posture suite à la fermeture des CHR. Jusqu’à 30% de pertes, cela reste supportable. Ils sont plutôt entre 40% et 50% de pertes. Les grosses et moyennes brasseries régionales vivent une situation dramatique. Certaines entreprises ont davantage misé sur les caves. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait énormément de reports d’investissements, mais un regard plus attentif à la nécessité de développer d’autres circuits”, observe Elisabeth Pierre.

Elle appelle les restaurateurs à élargir leur gamme, lorsqu’ils pourront rouvrir. “Ceux qui font le choix de proposer de la bière dans le cadre de leurs repas observent nettement une augmentation des ventes”, souligne la spécialiste. qui édite le magazine Bières & Mets depuis fin 2019 après un an sous la houlette d’un éditeur belge. “Le titre concerne tous les gens qui sont curieux de bons produits, épicurieux, sensibles aux producteurs locaux et aux produits qui se marient très bien avec les bières.”

Photo: Domonique Davenport via Unsplash

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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