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«Le grand public a besoin de mieux connaître les styles de bière»

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Elisabeth Pierre, auteur de «Choisir et acheter sa bière en 7 secondes», souligne le besoin d’information des consommateurs dans un univers brassicole en plein essor.

Il n’est pas simple de se repérer au rayon bières, constate Elisabeth Pierre. Consultante spécialisée en bière, zythologue et organisatrice d’ateliers, elle constate que les consommateurs ont essentiellement une culture de marques, et non de styles. Pour leur faire découvrir une plus large palette de bières, elle donne, dans son dernier livre «Choisir et acheter sa bière en 7 secondes» (ed. Hachette), des clefs pour découvrir, par des indications liées à la composition de chaque style et par goût, la pale ale, la Dunkel ou bien encore l’Imperial stout.

Pourquoi avez-vous souhaité proposer un livre recensant les différents styles de bières?

Les gens qui aiment la bière ne sont pas toujours connaisseurs : il y a une grosse différence entre le fait d’aimer la bière, et le fait de la connaître. L’immense majorité des gens ne connait pas les styles de bières en France. Ils n’ont plus de culture bière. J’ai ressenti, dans les remarques entendues dans mes ateliers, le besoin d’apporter un outil qui leur facilite la tâche car ils n’ont pas forcément ni le temps ni l’envie de se plonger dans des livres spécialisés. Des styles de bières commencent à se développer en GMS, dans les bars et dans les caves. Beaucoup de gens ont une culture de marques, mais pas de goût. Il y a de plus en plus de bières issues de différents pays – les gens sont complètement perdus. «Choisir et acheter sa bière en 7 secondes» est un livre qui s’adresse à un large public, avec un maximum de styles disponibles sur le marché français, en parlant à travers le goût.

Comment les consommateurs peuvent-ils s’y retrouver face à cette offre qui ne cesse de s’étendre?

Entre autres, au moyen de livres comme celui-ci. Il y a de plus en plus de cavistes qui délivrent, de plus, du conseil sur un marché très neuf. Il y a de plus en plus de bières nouvelles. Les étiquettes s’améliorent néanmoins : je vois de plus en plus de brasseurs qui ajoutent des informations et les rendent plus lisibles, car le marché les force à s’améliorer. C’est le consommateur qui entraîne cette demande. On a l’impression qu’il y ait eu brusquement beaucoup de nouveaux styles, mais ça correspond vraiment à une demande du public pour de nouveaux goûts. Dans mes ateliers, on a notamment adoré l’oat meal stout ! Pourtant, les participants ne savaient pas que ça pouvait exister.

De quelle manière observez-vous l’intérêt des grandes marques pour des styles plus pointus, comme les IPA, devenues un passage quasi-obligé pour les brasseurs?

Presque toutes les marques proposent une IPA ou une recette qui s’en approche. Les descriptifs sont là pour les concours, alors que les brasseurs savent expliquer leurs bières. Tous les brasseurs font évoluer leurs recettes. Le fait que la brasserie artisanale ait redonné de la valeur au houblon a poussé les grandes marques à s’y intéresser. Il y a les entreprises qui resteront sur leur marque, et d’autres qui vont au contraire décliner leur marque ombrelle, comme Leffe. Le problème, c’est que l’on s’adresse à des gens qui ne disposent pas d’informations sur le houblon ou sur les recettes.

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Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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