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1Mile veut réintroduire du lien social avec le Web

Entretien avec Stéphane Saidani, créateur du réseau social 1Mile.

Stephane-SaidaniLe réseau social 1Mile, lancé cette année à Mulhouse (Alsace), souhaite rapprocher ses utilisateurs en leur permettant d’échanger des services dans un rayon de 1,6 km. Cette dimension de proximité est facilitée par un système de rétribution, le « Mile ». Stéphane Saidani, fondateur et président de 1Mile, répond aux questions de Business & Marchés.

Quel constat vous a incité à créer 1Mile ?

Nous vivons une époque compliquée et très difficile sur le plan économique, social et environnemental. Cette vision du monde ne correspond pas à la vision à laquelle j’aspire pour mes enfants. Plutôt que d’être spectateur, j’avais envie de donner du sens à ma vie en devenant l’acteur d’un modèle que j’aurai choisi.

Comment se déroule l’échange de services entre membres ?

L’échange de services permet de vivre et de partager nos expériences en transmettant des émotions de joie et de plaisir. C’est simple et tout le monde peut le faire. Il suffit qu’une personne qui a besoin de quelqu’un, de quelque chose, qui a quelque chose à offrir, à prêter ou à troquer, crée une annonce sur notre application Web et quelqu’un près de chez elle pourra instantanément y répondre. Les utilisateurs échangent via une messagerie privée, ils peuvent se rencontrer pour faire connaissance chez eux ou dans un endroit public, et ils s’organisent pour réaliser le service dans un rayon de 1,6 km autour d’eux. Cet espace est appelé « Mile ». Les services ne sont pas rémunérés, mais récompensés par un bon d’échange que nous avons créé, le « Smile ».

Quel est votre positionnement par rapport aux monnaies d’intérêt local ?

Le « Smile » est un bon d’échange qui a une triple valeur : une valeur économique, car il permet de récompenser un service ; une valeur sociétale, car il permet de promouvoir et de contribuer à la réalisation de projets d’intérêt général ; et une valeur sociale, car il permet de créer de nouveaux liens près de chez soi. Le « Smile » n’est pas une monnaie car on ne peut rien acheter, on ne peut pas l’utiliser à l’extérieur du système 1Mile et on peut pas le convertir en euros.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous avons lancé notre plateforme test en février. Nous comptons actuellement plus de 1300 membres et nous avons été lauréats du Prix de la Mairie de Paris au concours Lépine 2014. Nous avons 3 objectifs de développement : élargir notre test à d’autres pays francophones, lever des fonds pour renforcer notre équipe et la notoriété de notre plateforme, et développer une application mobile intégrant de nouvelles fonctions.

Comment fonctionne le site en termes économiques ?

Notre application est gratuite. A l’avenir, c’est le « Smile » qui sera au cœur de notre modèle économique, car l’utilisation de l’application restera toujours gratuite, et il n’y aura pas de publicité ni d’utilisation des données personnelles. Actuellement, pour acquérir des « Smiles », il suffit de rendre service à quelqu’un ou de parrainer des amis. Dans le futur, le Smile aura une valeur symbolique en euros, et nos membres pourront les acheter librement et les utiliser à leur guise soit pour récompenser un service, soit pour soutenir un projet. Toutefois, une personne qui ne souhaitera pas en acheter, pourra quand même en gagner en rendant service à quelqu’un.

Publié dansEconomieEntreprisesServices