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Vidéastes, musiciens… La plateforme de mécénat culturel Patreon veut conquérir la France

Patreon - Mécénat culturel

La plateforme américaine Patreon débarque en France. L’entreprise propose aux créateurs de contenus d’être rémunérés grâce à un système de mécénat par abonnement, avec des commissions comprises entre 5% et 12%. Elle a levé 90 millions de dollars (76,7 millions d’euros) début septembre. Ronny Krieger, directeur Europe de Patreon, nous en dit plus.

De quelle manière s’est développé Patreon depuis son lancement en 2013 ?

Le cofondateur de Patreon, Jack Conte, est musicien. Avant de se lancer dans cette aventure, il avait déjà une chaîne Youtube soutenue par une communauté loyale et conséquente. Jack a eu une révélation en mettant en ligne une vidéo. C’est en publiant une vidéo qui mettait en scène des robots chanteurs, et une réplique du Faucon Millenium, qu’il a eu une fulgurante révélation : cette vidéo lui avait coûté l’intégralité de son compte épargne, il avait atteint son plafond de paiements, et quand bien même elle a été un franc succès avec plus d’un million de vues, Jack n’a touché que 166,10 dollars, soit 0,0002 dollar par vue. Le système était clairement cassé. Les artistes et les créateurs étaient délaissés au profit d’annonceurs valorisés par la plateforme. C’est alors que Patreon est né. Sept ans plus tard, plus de 200 000 créateurs peuvent vivre grâce à la plateforme et ont gagné collectivement plus de 2 milliards de dollars grâce à leurs fans.

Comment fonctionne le mécénat par abonnement et quels types de créateurs sont concernés ?

Patreon permet aux artistes du monde entier de créer, sans aucune bride artistique, en échangeant directement avec leur communauté. C’est une plateforme qui permet aux créateurs d’êtres financés de manière fiable, régulière et, surtout, juste par rapport à ce qu’ils offrent à leurs communautés. La plateforme est ouverte à tous les artistes et créateurs : musiciens, podcasteurs, écrivains, acteurs, blogueurs, vlogueurs, comédiens, illustrateurs, influenceurs, développeurs… Nous permettons aux créateurs de choisir entre trois options différentes : Lite (5% de commissions), Pro (8% de commissions) et Premium (12% de commissions). La Pro est aujourd’hui l’option la plus populaire. Toutes nos options incluent un accès à une application mobile, des outils commerciaux, une assistance aux contributeurs, une formation centrée sur la création et des versements flexibles, et assurent une relation directe avec les contributeurs.

“Nous avons renforcé nos équipes en Europe”

Comment se déroule l’internationalisation de la plateforme ?

Comme la majorité des créateurs de contenus et des mécènes habitent en dehors des Etats-Unis, nous avons eu à cœur de nous exporter afin de soutenir les artistes du monde entier. Cette année, nous avons débloqué de nouvelles fonctionnalités en Europe, comme le paiement en euros et en livres sterling. Suivront les dollars australiens et canadiens prochainement, et d’autres devises en 2021. Le site internet est disponible en allemand, en français, et bientôt en italien et en espagnol. Notre siège européen se trouve à Berlin. Nous l’avons inauguré en février dernier : il a pour objectif de renforcer nos partenariats entre les créateurs et nos agents marketing en Europe. Nous avons aussi une équipe à Dublin s’occupant de la partie financière, et une autre à Porto en charge de la communauté.

Comment souhaitez-vous vous développer sur le marché français ?

Les créateurs européens étaient déjà présents de longue date sur Patreon. Il y avait la vidéaste Solange te parle, l’illustratrice Marie Boiseau, le producteur de musique house Brawther, ou encore Patrick Béja, podcasteur indépendant vivant depuis plusieurs années grâce au mécénat des auditeurs de son “Rendez-vous tech”. Les créateurs européens devaient aussi tenir compte des commissions de leurs banques, qui s’ajoutent à celle que prend Patreon, de 5 % à 12 % de la transaction. Nous voulions nous affranchir d’obstacles qui empêchaient certains créateurs de s’inscrire, tels que la devise, la langue et les moyens de paiement. Grâce à notre chargée de partenariats créateurs, Noura Labbani, qui a travaillé avec des créateurs français pendant des années, les créateurs français ont accès au soutien qu’ils méritent.

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A propos de l'auteur
Journaliste, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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