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Transports‬ : Moovit vous transforme en acteurs de l’information

Pour Alex Torres, vice-président Global marketing de Moovit, l’apport des usagers des transports en complément des données officielles permet de garantir la pertinence de l’information.

Créée en 2012, l’application mobile Moovit propose gratuitement, dans plus de 500 villes, de l’information sur les transports en commun à travers les données collectées par ses services et les suggestions formulées par ses utilisateurs. Début janvier, l’entreprise a levé 50 millions de dollars auprès de cinq partenaires dont le transporteur Keolis, filiale de la SNCF. Les autorités organisatrices de transport clientes de Keolis pourront recourir à Moovit dans le cadre de leur politique d’information mobile, et aller plus loin dans l’échange d’informations.

Moovit entend proposer un service « complémentaire » à celui des applications proposées par les transporteurs. « La dimension communautaire apporte une véritable révolution en matière d’expérience utilisateur. L’information crowdsourcée permet à l’application de gagner en pertinence. De plus, trois itinéraires sont systématiquement proposés », indique Pierre Valentin, country manager France de Moovit.

Alex Torres, Moovit
Alex Torres

Dans un entretien accordé à Business & Marchés, Alex Torres, vice-président Global marketing de Moovit, explique sa vision des enjeux liés à l’information locale en matière de transports en commun et présente les développements potentiels de l’application.

Comment Moovit envisage-t-il l’information liée à la mobilité urbaine ?

Vous soulevez une très bonne question, car la mobilité implique de multiples intervenants, parmi lesquels des urbanistes, des architectes, des designers… L’enjeu dépasse celui de Moovit au sens strict : on compte de nombreux acteurs dans le domaine de la mobilité. Moovit se situe parmi ces intervenants : comment pouvons-nous construire ensemble la mobilité urbaine ? Les gens doivent pouvoir se déplacer facilement et rapidement d’un endroit à un autre, en s’appuyant sur des informations actualisées et immédiatement partagées.

Le transport est possible par différents moyens, publics et privés. Aujourd’hui, nous sommes centrés sur les transports publics, mais nous souhaitons offrir le meilleur service possible à nos utilisateurs, et recommander les modes de déplacement les plus adaptés.

De quelle manière les remontées des utilisateurs sont-elles intégrées à l’application ?

Les informations et les suggestions communiquées par nos utilisateurs constituent un moyen d’améliorer la pertinence de notre service. Cette possibilité offerte d’améliorer l’information existante sur les transports en commun locaux est unique : aucun de nos concurrents n’est en mesure de proposer la même prestation. Nous agrégeons simultanément plusieurs sources d’information, dont celles issues du crowdsourcing.

Concrètement, nous commençons notre installation dans une ville en collectant l’ensemble des données statiques disponibles (arrêts de bus, lignes, fréquence des véhicules et des trains…) et nous perfectionnons cette base au moyen des feedbacks de notre communauté, qui compte 15 millions d’utilisateurs dans le monde et qui vient de franchir la barre des 500 000 utilisateurs en France. Celle-ci est très active, car nous recevons 2 milliards de suggestions par mois !

Quelles relations entretient Moovit avec les opérateurs et les autorités organisatrices de transports publics ?

Nous devons mener des relations fluides avec les autorités publiques et les opérateurs, fournisseurs locaux de données. Le partenariat avec Keolis nous confèrera un avantage pour améliorer notre service : nous croyons que les partenariats sont importants, et nous perfectionnerons nos bases de données dans toutes les villes où l’entreprise est présente, en France et à l’étranger. Toutefois, nous développons en toute autonomie notre application, et nous pensons que l’association des données publiques et de celles issues de la communauté est la meilleure formule pour améliorer l’information fournie.

Malgré tout, Moovit ne court-t-il pas le risque d’être perçu comme un concurrent par les transporteurs, qui disposent souvent de leurs propres applications ?

Nous ne sommes pas un concurrent, mais bien une offre complémentaire, qui combine deux sources pour construire la meilleure application de transports, celle étant la plus à jour et la plus riche en informations. Nous ne fermons pas la porte aux transporteurs – bien au contraire – mais nous conservons notre business model et nos objectifs. Nous vivons, en outre, dans un marché libéral : les utilisateurs n’ont qu’à sélectionner l’application qu’ils souhaitent utiliser. A Bogota, en Colombie, l’autorité locale de transports s’appuie sur Moovit pour sa politique d’information mobile. Nous nous développons par ailleurs dans de nombreuses villes dépourvues d’applications dédiées aux transports en commun.

Les modes de transport alternatifs (vélos en libre-service, autopartage, etc.) ont-ils vocation à être intégrés ?

Nous avons conclu aux Etats-Unis un partenariat avec Lyft, un opérateur de véhicules de tourisme avec chauffeurs. Nous entamons des négociations avec de nombreux services, dont des offres privées à l’instar des VTC, pour compléter notre offre d’informations afin de proposer la meilleure application consacrée aux transports locaux.

Publié dansEconomieEntreprisesServices