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Start-up: Sonorilon veut dépoussiérer les maisons d’édition

Créée en 2015 par Romain Treffel, la maison d’édition Sonorilon assume son fonctionnement en mode start-up et mise sur les nouvelles technologies pour publier plus vite et moins cher.

Quel constat vous a incité à créer Sonorilon ?

Romain Treffel — Sonorilon est née de la prise de conscience de la possibilité de produire des livres pour beaucoup moins cher que les maisons d’édition traditionnelles. Je me suis aussi rendu compte, en étudiant le marché français de l’édition, que le nombre de projets proposés était incroyablement élevé par rapport au nombre de projets acceptés : il y a donc statistiquement un grand nombre de supers projets qui sont refusés, et cela d’autant plus que leur sélection est tout sauf une science. Enfin, plus fondamentalement, je crois que nous assistons à l’évanescence de la frontière entre l’auteur et l’éditeur. Certains diront qu’il s’agit d’autoédition, mais Sonorilon fait plutôt de l’autocréation : si l’entreprise a vocation à éditer, elle crée elle-même le contenu quand elle en a l’idée.

Comment vous différenciez-vous des maisons d’édition traditionnelles ?

Quand les maisons d’édition classiques, soumises à un risque financier important, misent sur des valeurs qu’elles jugent sûres et rejettent de plus en plus les nouveaux auteurs, nous essayons d’être beaucoup plus ouverts. Prenons l’exemple d’Arnaud Labossière, dont nous avons édité L’essentiel de l’histoire économique : alors qu’il est un brillant entrepreneur passé par HEC, enseignant en classe préparatoire, son projet de manuel a été refusé par une grande maison d’édition sous le prétexte qu’il n’était pas agrégé ! Nous avons lu le manuscrit, après quoi nous nous sommes rendu compte que nous ne connaissions pas de manuel d’histoire économique aussi bon. Le livre est rapidement devenu le leader sur sa niche, devant tous les concurrents des grandes maisons d’édition. Nous disposons aussi d’un processus spécifique de sélection des manuscrits.

Quels sont les points forts des nouveaux business models vous ayant inspiré à ce sujet ?

Sonorilon s’inspire des nouveaux business models qui émergent aux États-Unis avec la crise du secteur de l’édition. Ils ont trois principaux points forts. Ils permettent tout d’abord de minimiser le risque financier, notamment grâce aux progrès des technologies d’impression à la demande, que nous combinons avec l’impression classique en stock. Ensuite, ils sont beaucoup plus orientés sur le lean : les opportunités de désintermédiation offertes par internet rendent possible de sous-traiter la quasi-totalité des opérations de l’édition. Enfin, ils s’appuient sur le développement de la relation avec les lecteurs, principalement par internet. À terme, la recomposition du secteur de l’édition français, la montée en puissance d’Amazon et la progression des e-books devraient favoriser ce type de business model.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Si l’immédiat est consacré au développement du blog 1000 idées de culture générale et à la promotion des ouvrages existants (dont, en première ligne, «1000 idées économiques» et  Je donne des cours depuis mon canapé»), l’année prochaine doit voir s’étendre la collection «1000 idées de culture générale» avec «1000 faits d’Histoire de France» et «1000 faits d’Histoire du XXème siècle». À moyen terme, nous souhaitons consolider notre identité autour de quelques collections fortes : «1000 idées de », «L’essentiel de…», «50 anecdotes économiques», etc. À long terme, nous ambitionnons d’entrer sur le marché anglophone.

La pensée économique synthétisée en 1000 auteurs

Adam Smith, Jean-Baptiste Say, Friedrich Hayek ou, plus récemment, Jacques Attali… De tous temps, les idées économiques ont été marquées par des hommes qui, à travers leurs écrits, exposent des visions, des projets et des plans d’action. Dans 1000 idées économiques, Romain Treffel propose un véritable dictionnaire organisé par auteurs. Chaque personne fait l’objet d’une fiche complète à l’aide de ses dates-clefs et d’un résumé de ses principales idées, accompagnés d’un rappel de leurs principaux ouvrages. Un ouvrage à consulter à chaque débat économique majeur, pour mieux confronter les idées du passé et celles du présent.

Photo : Pile of glossy magazines par Shutterstock

Publié dansEconomieEntreprisesServices