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Salaires, désindustrialisation: la crise tend le climat social

Les inquiétudes liées à l’emploi cristallisent les tensions, également attisés par la polémique sur les hauts salaires.

La crise perdure… et ses effets néfastes aussi. Le second Baromètre de l’absentéisme, récemment rendu public récemment par le cabinet d’audit Alma Consulting Group, permet de tirer des conclusions similaires à celles de l’an dernier: la démotivation des salariés figure, pour 25% des DRH interrogés, au premier rang de la progression du taux d’absentéisme. 61% des DRH établissent un lien entre crise et absentéisme dans leur entreprise, selon les résultats de l’enquête.

A cette démobilisation de nombreux salariés s’ajoute la situation tendue autour des salaires, qui cristallisent les tensions en cette période de sortie de crise. Les émoluments d’Henri Proglio, à la tête d’EDF et de Veolia, ont relancé le débat sur les salaires des hauts dirigeants, et fait ressurgir la question d’une progression des rémunérations.

La remontée spectaculaire des prix du pétrole et de nombreuses autres matières premières, couplée à des statistiques décevantes sur le front du chômage, sont autant de facteurs à même d’envenimer la situation. « On ne va pas remettre en cause les salaires ! En France, il y a une productivité, une fiabilité… », tentait pour sa part de tempérer Carlos Ghosn, président de Renault, dans La Voix du Nord la semaine dernière.

Les difficultés de l’industrie en cause

Les fermetures d’usines provoquent également l’inquiétude. Si, pour le ministre de l’Industrie Christian Estrosi, « la France doit redevenir une grande puissance industrielle, relocaliser et non pas délocaliser », les menaces sont néanmoins bien réelles. Thales Avionics qui délocalise partiellement sa production à Singapour, la mise aux enchères des machines de l’équipementier automobile New Fabris ou les nombreux plans de départs volontaires sont autant de récents exemples de dangers qui planent sur l’emploi.

Le report de la fermeture de la raffinerie de Dunkerque par Total, qui emploie 370 salariés et 450 sous-traitants, ne semble être qu’un sursis accordé par le groupe pétrolier dans un contexte de surcapacités de production.  Selon l’Agence internationale de l’Energie, les raffineries françaises ne fonctionneraient qu’à 68 % de leurs capacités !

Le renforcement des fonds propres des PME, premiers employeurs en termes d’effectifs, fait par ailleurs figure d’impératif. Le développement d’une « dynamique territoriale » de gestion de l’emploi, destinée à rapprocher besoins et compétences, est au cœur des propositions émanant des Etats généraux de l’industrie, dont les travaux s’achèvent actuellement. La création d’un dispositif d’aide à la relocalisation serait envisagée par le gouvernement.

PricewaterhouseCoopers conseille malgré tout d’œuvrer en faveur d’un maintien des avantages concurrentiels au sein des entreprises, les ressources humaines en faisant partie. Le maintien de la motivation des salariés figure au premier rang des objectifs assignés par le cabinet aux dirigeants et managers, en conservant notamment les compétences clefs nécessaires au bon déroulement de l’activité.

Un appel à la prudence difficile à entendre dans cette actualité brûlante.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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