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Quel est le réel poids économique de la Chine?

La Chine se place désormais au quatrième rang des puissances économiques mondiales en termes de PIB à parité de pouvoir d’achat, et l’Inde occupe la sixième place. Le développement économique chinois se heurte cependant à un certain nombre de limites et doit faire face à la méfiance des puissances occidentales.

L’ouverture progressive de l’économie chinoise à l’international, initié en 1979 par Deng Wiaoping, a permis à l’empire du Milieu de se développer à une vitesse impressionnante: une restructuration industrielle d’une importante ampleur a été engagée, tout comme la libéralisation graduelle des marchés. Une urbanisation massive a permis aux villes de se développer et de s’imposer sur la scène économique internationale: avec 1,3 milliard d’habitants, la Chine s’affiche comme le pays le plus peuplé sur le globe, avec 20% de la population mondiale à l’intérieur de ses frontières.

La part de la Chine dans le PIB mondial est passée de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. Sa part dans le total des exportations mondiales a pour sa part franchi un nouveau cap, passant de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. C’est en 1991, suite à une importante crise de la balance des paiements, que décision fût prise de sortir de la logique d’autosuffisance et de pousser à nouveau l’ouverture, notamment dans les services, tout en conservant un regard poussé sur les flux financiers.

La capitalisation financière est un autre indicateur du dynamisme de l’économie chinoise: en avril dernier, la capitalisation réunie de Shangai et de Shenzen a dépassé celle de Hong Kong, pourtant promu au rang de plus grand marché d’Asie en dehors du Japon. Le ratio exportations/PIB est passé de 6% en 1980 à 34% en 2005. Le modèle de croissance en vigeur, fondé sur une croissance très soutenue appuyée sur une progression très rapide des exportations assise sur le maintien de la compétitivité-prix par le biais d’une fixation des taux de change et une hausse accélérée des investissements, semble donc porter ses fruits mais doit faire face à des limites internes.

Le système bancaire figure au premier rang des freins à l’expansion économique de la Chine. Une sous-évaluation de la devise et un contrôle des capitaux retiennent une épargne nationale excédentaire, et l’instrumentalisation du système par l’Etat et les gouvernements locaux freinent encore l’investissement. Le secteur bancaire est très concentré: les cinq premières banques chinoises détiennent 6% du total de l’actif bancaire. Les banques étrangères restent quant à elles marginalisées, avec environ 2% de l’actif bancaire. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l’étendue du territoire: l’activité se concentre dans les zones urbaines, avec 75 agences pour 1 million d’habitants. Le poids des banques publiques (ici, les actifs détenus par l’Etat) s’élève quant à lui à 83%. La législation demeure encore très restrictive: les opération en monnaie locales sont, depuis 2001, accessibles aux établissements étrangers, à condition de capitaliser leurs filiales à hauteur de 1 milliard de yuans. 

Dans le domaine des affaires, la corruption gangrène l’économie. Selon Transparency international, l’indice de perception de la corruption (IPC) de la Chine s’élevait à 1,5 en 1998 et à 3,3 en 2006. L’IPC est une note comprise entre zéro et dix, zéro correspondnt à une situation de très forte corruption. Le taux de scolarisation combiné (primaire, secondaire et supérieur additionnés) ne s’élève qu’à 70% en Chine, et pèse sur la formation de la population. Cette dernière est rendue d’autant plus difficile que l’école est payante, d’où le choix de nombreux ménages de priver leur enfant de scolarisation durant une période donnée ou de s’endetter lourdement. 17% de la population chnoise survit avec moins d’un dollar par jour, et 47% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

L’Afrique, nouvel eldorado énergétique

Question énergie, la Chine n’est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993. Le charbon assure 70% de la consommation d’énergie, d’où d’importants rejets de CO2: selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, la Chine pourrait devenir le plus grand émetteur de CO2 dès l’an prochain. La question des droits de l’Homme, et plus particulièrement de ceux de l’enfant, comme abordé dans le document vidéo (voir ci-dessus) est particulièrement sensible. De plus, la Banque Mondiale rappelle qu’une « forte inégalité menace la stabilité politique d’un pays parce qu’une part importante de la population ne se satisfait pas de son statut économique, ce qui rend un consensus politique entre les groupes à hauts revenus et ceux à bas revenus plus difficiles à atteindre« .

La montée en puissance de la Chine se poursuit, mais de nombreux freins sont disséminés sur ce parcours.

Publié dansEconomiePolitique éco