Entreprises

Pourquoi les produits d’épicerie fine ont toujours le vent en poupe

3 min de lecture

Malgré l’inflation, l’épicerie fine a le vent en poupe. 84% estiment que les produits d’épicerie fine leurs procurent confiance. 90% des Français indiquent valoriser les savoir-faire et les terroirs, d’après une étude réalisée par OpinionWay pour Gourmet Sélection. Ce salon professionnel, organisé mi-septembre, a réuni 338 entreprises et marques, dont 47% de nouveaux exposants. La preuve du dynamisme du marché, observe Jean-Gabriel Mollard, directeur marketing et communication du pôle food B2B de Comexposium.

Business & Marchés – Pourquoi le panel d’exposants s’est-il renouvelé de manière aussi importante ?

Jean-Gabriel Mollard – Nous avons accueilli un segment de nouvelles marques, grâce au bon dynamisme du marché de l’épicerie fine, avec un retour en force de l’attention portée aux savoir-faire artisanaux. Beaucoup de petites structures, pour qui exposer dans un salon est un investissement important, n’exposent pas tous les ans, mais souhaitent accéder à des contacts qualifiés. Nous avons parfois de belles surprises lorsque des start-up reviennent en commandant des stands plus grands, tandis que des maisons bien installées gardent le lien avec leurs clients.

Quelles tendances food observez-vous dans le secteur ?

Il y a toujours beaucoup d’huiles, de chocolat ou de conserverie. Cette année, les épices figurent aussi parmi les produits davantage mises en avant, dans la foulée de la montée en puissance, sur les linéaires, des aides-culinaires pour sublimer les recettes faites à la maison. Même si cette tendance n’avait jamais disparu, ce “retour en grâce” de ces produits est intéressant. Les épiciers accompagnent leurs clients, en expliquant comment utiliser les produits, et mettent en avant leur dimension de conseil. Les fabricants combinent, eux, plus d’ingrédients ensemble – des mousses au chocolat au poivre, par exemple.

Les tendances très médiatiques telles que le végétal se retrouvent-elles dans les achats en épiceries fines ?

Dans l’agroalimentaire, 50% des produits que l’on trouve en rayon n’existaient pas il y a cinq ans. Il faut différencier les feux de paille des tendances de fond. Les consommateurs doivent identifier les bénéfices de chaque produit. Sur le végétal, il y a du “Oui, mais”: la réduction des protéines animales est largement souhaitée, et les consommateurs aspirent aussi à acheter moins de produits ultra-transformés. Hors, cela a pu être un passage obligé pour imiter la viande. Il est néanmoins possible de proposer de réelles alternatives, ce qui permet d’ouvrir des portes vers ces nouveaux modes de consommation.

Les tensions sur le pouvoir d’achat peuvent-elles menacer le segment ?

Les boissons alcoolisées ou l’épicerie sucrée souffrent plus des arbitrages des consommateurs que d’autres catégories, mais il n’y a pas de concessions sur la qualité des produits. L’origine des produits doit être tracée, leur fabrication responsable… mais sans le refacturer aux consommateurs. 14% des Français ne sont pas prêts à payer davantage pour ces considérations. Il faut par ailleurs savoir que le canal de distribution numéro 1 des produits d’épicerie fine sont les grandes et moyennes surfaces : 86% des Français en achètent dans ce circuit.

De nouveaux produits à découvrir

La Bocalerie des gourmets - Salon Gourmet Sélection (Paris 2022)

La Bocalerie des gourmets

MadLab - Salon Gourmet Sélection (Paris 2022)

MadLab

Parmi les produits repérés au salon, les nouveaux tartinables de la Bocalerie des gourmets, créée en 2018 à Fareins (Ain), renouvellent l’offre de l’apéritif avec des préparations poireau & ras-el-hanout, et poivron jaune & piment d’Espelette. Des légumes de saison sont systématiquement associés à des ingrédients plus originaux. A Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le Foie Green d’Aberyne, société créée il y a trois ans, constitue pour sa part une alternative surprenante au foie gras, déclinée en plusieurs recettes. Implantée à Bruxelles (Belgique) depuis 2015, MadLab cherche pour sa part à élargir la distribution de ses crackers (cumin noir, drèches et ail…) proposés en sachets traditionnels et dans des recettes plus épaisses, adaptées aux trémies du vrac.

Jonah's Tea - Salon Gourmet Sélection (Paris 2022)

Jonah’s Tea

I just love breakfast - Salon Gourmet Sélection (Paris 2022)

I just love breakfast

Pour le petit-déjeuner ou les moments de pause, les thés de Jonah’s Tea, entreprise qui exerce son activité depuis le mois de février à Paris, se distinguent par leur approche “dans l’esprit de celle de la parfumerie”, avec des recettes originales, telles que Popcorn & Movie night, dont l’odeur rappelle immédiatement celle du pop-corn, tandis qu’un ressenti plus classique s’offre à la dégustation. Les emballages sont, eux, très élégants. En Belgique, des boulangers d’Anvers se sont pour leur part diversifiés dans le granola, avec I just love Breakfast. Sirop d’érable, sirop d’agave ou jus de pomme concentré sont notamment utilisés, tandis qu’une version sans sucres ajoutés et sans graines est également disponible.

La Truitelle - Salon Gourmet Sélection (Paris 2022)

La Truitelle

Depuis un an et demi à Festes-et-Saint-André (Aude), La Truitelle conditionne pour sa part des truites bio en conserves. Pisciculteur à La Fajolle (dans le même département), François Isambert a élargi son spectre avec cette nouvelle entreprise, qui propose des gammes adaptées aux épiceries fines et aux magasins bio. De petites truites de montagne qui constituent une sympathique alternative aux sardines.

2495 articles

A propos de l'auteur
Journaliste dans la presse professionnelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
Articles
A lire également
EntreprisesServices

Les smash burgers de Junk passent de la livraison au vrai point de vente, à Paris

Le groupe In My Belly conçoit des plats pensés pour la livraison et la vente à emporter. Sa marque Junk, dédiée aux smash burgers, s’essaie au take away physique, à Paris.
EntreprisesServices

Régis Botta : “le décor d'un restaurant doit être assez fort pour concilier les exigences du service et le confort du client”

Qu’est-ce qui fait l’essence d’un restaurant ? La qualité de sa cuisine, évidemment. L’accueil de son personnel, aussi. L’ambiance, également. Un sujet auquel s’attèle, depuis 2007 puis la création de son agence en 2011, l’architecte Régis Botta.
EntreprisesIndustrie

Avec une boutique à Paris, Ricola développe son univers de marque

Pour la première fois, Ricola s’implante dans sa propre boutique, dans le Marais, à Paris. Un moyen pour la marque suisse de s’adresser directement à ses consommateurs.

Recevez nos prochains articles par e-mail

Abonnez-vous à notre newsletter