Aller au contenu

Perspectives économiques : le pessimisme s'empare de l'OCDE

globe-printL’Organisation de coopération et de développement économiques a publié aujourd’hui ses Perspectives économiques pour les mois à venir. Véritable baromètre de santé de 30 pays parmi les plus riches, le document permet d’appréhender les potentiels faits à venir. Extraits de la synthèse disponible en ligne.

« Ce sont plusieurs trimestres de faible croissance qui s’annoncent pour la plupart des économies de l’OCDE« , introduit Jørgen Elmeskov, chef du département des Affaires Économiques de l’Organisation. Une décélération de la croissance attend les Etats-Unis (2,2% de hausse du PIB prévus pour 2007; 1,8% pour 2008; 1,2% pour 2009), le Japon ainsi que la zone euro (1,7% de croissance attendus pour 2008; 1,4% pour 2009).

« L’activité aux États-Unis va pour l’essentiel stagner durant toute l’année 2008 avant de se redresser avec la fin de l’ajustement dans le secteur du logement, la normalisation des conditions de crédit et les effets de l’assouplissement monétaire antérieur », explique le représentant de l’OCDE, tablant d’ores et déjà sur un arrêt de la politique de baisse des taux engagée par la Réserve fédérale américaine (Fed) depuis l’été dernier. Les actions de la Fed sont néanmoins prises en compte par l’institution, mais cela ne suffira vraisemblablement pas à relancer l’économie à des niveaux tel qu’escomptés par Ben Bernanke et George Bush.

Suite à la crise financière initiée à l’été dernier, les économies de la zone euro apparaissent elles aussi touchées. « L’activité dans la zone euro va être freinée durant toute l’année par le resserrement des conditions de crédit, la contraction des revenus réels, la décélération de la croissance des marchés d’exportation et des pertes de parts de marché. La croissance va se redresser progressivement avec la dissipation de ces facteurs », analyse Jørgen Elmeskov. L’OCDE prévoit une inflation de 3,4% pour la zone euro cette année, un chiffre situé bien au-delà de la limite de 2% fixée par la Banque centrale européenne. Il s’agit par ailleurs d’un record depuis la création de la monnaie unique il y a neuf ans.

France: l’OCDE tire la sonnette d’alarme

« L’activité semble devoir se ralentir dès le deuxième trimestre et devrait rester faible pour le reste de 2008 et au début de 2009. Ce ralentissement devrait contribuer à limiter les augmentations supplémentaires des salaires et des prix face aux récents chocs sur l’alimentation et l’énergie. Le déficit des administrations publiques risque de se creuser en 2008″, avertit l’Organisation à propos de l’économie française.

L’OCDE prévoit une croissance de 1,8% en 2008 et de 1,5% en 2009; des perspectives bien moins réjouissantes que celles soutenues par le gouvernement: Paris table en effet sur une augmentation du PIB réel (mesuré avec des prix constants) comprise en 2008 entre 1,7% et 2%; et en 2009 entre 1,75% et 2,25%. La baisse des recettes budgétaires ainsi que les réductions fiscales mises en oeuvre par la loi Travail, emploi et pouvoir d’achat devraient par ailleurs compliquer la marge de manoeuvre du gouvernement. L’OCDE met en garde quant à un éventuel nouveau dérapage du déficit des administrations publiques.

Baisse de la demande de pétrole

« Le renchérissement très sensible de l’alimentation et de l’énergie suscite des revendications en faveur de mesures compensatrices de la part des pouvoirs publics. Il faut résister à de telles revendications. Ce n’est qu’en permettant aux bons signaux de prix d’influer sur l’offre et la demande que l’on parviendra à un meilleur équilibre sur ces marchés », affirme l’Organisation de développement et de coopération économiques.

Comme le prouve le graphique reproduit au-dessus de cet article, on assiste à un déclin de l’intensité pétrolière dans la zone OCDE, à savoir la demande de pétrole rapportée au PIB en volume. Le premier signe d’un changement de comportement face à la hausse des prix du pétrole et à la pompe ? Toujours est-il que les perspectives publiées ce mercredi par l’OCDE ressortent comme moroses et entachés par les effets collatéraux de la crise financière.

Publié dansEconomiePolitique éco