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Le parcours-type d’un internaute qui télécharge illégalement des contenus culturels

Une étude se penche sur les modalités du téléchargement illégal de films ou de séries.

Pourquoi et comment les internautes téléchargent-ils illégalement des contenus culturels ? Musique, films, séries… Les avant-premières, la largeur de l’offre et surtout la gratuité ont séduit, ces dernières années, un nombre croissant de Français. La Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), créée en 2009 pour faire face à cette situation et qui s’apprête à rejoindre le Conseil supérieur de l’Audiovisuel, a commandé à l’institut CSA une étude sur les moyens d’accès aux contenus numériques.

Identifier les contenus à télécharger…

L’étape préalable au téléchargement de contenus culturels réside dans l’identification de ceux-ci. Si le bouche-à-oreille et le rythme des sorties constituent des pistes de choix pour les internautes, la consultation des catalogues reste d’actualité. Entre 25 % et 35 % des consommateurs illicites se rendent ainsi, au moins une fois par semaine, sur un site Internet « licite » pour se renseigner sur les films, séries ou titres musicaux qu’ils téléchargeront ensuite… illégalement.

Les internautes ont certes, pour 57 % des sondés, une idée précise des contenus qu’ils souhaitent consommer (en particulier pour les séries télévisées), mais répondent davantage à une logique « opportuniste » en matière de cinéma et de musique. Ces personnes sont néanmoins conscientes des risques qu’elles prennent, tant en termes de sanctions que de problèmes informatiques, tels que les malwares. Les auteurs de l’étude relèvent ainsi « une tendance des interviewés à adapter leurs pratiques illicites et à privilégier les chemins d’accès les ’moins risqués’ ».

… accéder aux contenus…

Les internautes sondés adoptent trois types de stratégies pour pouvoir mettre la main sur les films, séries ou titres musicaux qu’ils convoitent. Des stratégies de repli sont mises en œuvre lorsque le contenu recherché n’est pas accessible : les consommateurs attendent la publication numérique de l’œuvre, se résolvent à passer à l’achat, ou demandent de l’aide. Les stratégies de contournement ont pour objectif de télécharger incognito : changements d’adresses IP ou recours à des modes de connexion spécifiques sont de mise. Enfin, les stratégies de partage, qui ne sont pas généralisées, sont essentiellement développées dans l’entourage proche.

… et les consommer

71 % des internautes sondés téléchargement illégalement des contenus culturels indiquent consommer le plus souvent des séries télévisées de moins de six mois. Les séries constituent le type de contenus qui incite le moins à la conservation, compte tenu de la nécessité de suivi des épisodes et du renouvellement de l’offre. La logique de « stock » reste néanmoins d’actualité : 45 % des consommateurs souhaitent se constituer une bibliothèque de biens culturels, cette pratique étant tirée par la multiplication des achats de disques durs portables. A l’avenir, le smartphone représentera, d’après les internautes, un de leurs supports favoris pour télécharger et/ou visionner des œuvres en streaming.

Publié dansEconomieEntreprisesServices