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Mobeye veut aller toujours plus loin dans le crowdsourcing

Mobeye

S’appuyant sur 150.000 utilisateurs, la start-up Mobeye compte développer ses services aux professionnels de la grande consommation et s’étendre à d’autres secteurs.

« Nous proposons un service aux entreprises de collecte et d’analyse d’informations en magasin, en temps réel, pour les industriels et les distributeurs », résume le président-fondateur de Mobeye, Augustin Rudigoz. Lancée en 2013 avec trois autres associés, cette start-up parisienne propose à ces clients une solution de crowdsourcing pour disposer de points de vue « terrain » liées au commerce. Sa levée de fonds de 1,2 million d’euros, en février dernier (auprès du fonds d’investissement Aurinvest Capital), lui a notamment permis de procéder à de nouveaux recrutements afin d’étendre son offre. Interview.

Quel constat vous a incité à créer Mobeye?

Augustin Rudigoz – Avec mes associés, dans nos fonctions marketing, nous traitions beaucoup d’informations, mais nous avions du mal à obtenir des informations simples : de quelle manière mes produits sont-ils présents en magasin ? Comment sont-ils présentés ? Comment sont exécutées les actions merchandising et les publicités sur le lieu de vente sont-elles visibles ? Mobeye permet de vérifier si les programmes prévus sont correctement menés sur le terrain, et de calculer leur retour sur investissement selon chaque implantation. Nos clients peuvent ainsi optimiser le travail de leurs chefs de secteur sur les magasins qui posent problème, par exemple.

Comment s’est développée l’entreprise ces deux dernières années?

Mobeye dispose aujourd’hui de 150.000 utilisateurs actifs, qui visitent environ 10.000 à 20.000 magasins par mois en France, en Espagne et au Benelux. Notre portefeuille se compose d’environ 70 clients, dont la moitié sont récurrents : Coca-Cola, Nestlé, Unilever, Adidas, Michel & Augustin… De plus petites entreprises font également appel à nos services. Nous devons être capables de visiter, en une semaine, 90% des magasins ciblés par nos clients. Comme l’an dernier, nous tablons pour 2015 sur une croissance de notre chiffre d’affaires (500.000 euros fin 2014) à trois chiffres. Nous commençons par ailleurs à élargir l’utilisation de notre outil : notre communauté a récemment réalisé des visites de terrain sur le fonctionnement de distributeurs automatiques ou sur l’identification de chantiers.

Comment le grand public utilise-t-il l’application?

Nos utilisateurs sont rétribués suite à leurs actions, après vérification de la géolocalisation et validation de la pertinence de leurs réponses. Ils peuvent gagner de 4 à 6 euros par visite de magasin. L’application propose d’effectuer des missions à proximité, qui peuvent être « réservées » et menée 2 heures durant, même en mode offline puisque les données sont transmises dès que le réseau fonctionne. Nos utilisateurs sont désormais des habitués, qui apprécient de pouvoir gagner jusqu’à 100 euros par mois (avec 3 visites hebdomadaires) moyennant peu de contraintes, sur leur trajet quotidien.

Comment souhaitez-vous vous développer?

100% de nos clients sont internationaux, d’où un développement logique dans ce sens. Nous comptons également aller plus loin dans la relation clients en installant le principe du crowdsourcing dans le quotidien de ceux-ci. De nouvelles verticales pourraient aussi être développées.

A propos de l'auteur
Journaliste à L'Usine Nouvelle, j'édite Business & Marchés à titre personnel depuis 2007.
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