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Lobbying : la bataille de l’industrie

Mis à jour le 17 octobre 2011

Comment donner plus de poids à l’industrie ? Les prises de position se multiplient.

En lançant un think-tank dédié à leur secteur, le Groupe des fédérations industrielles, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), et le Cercle de l’industrie vont tenter, dans les mois à venir, de faire entendre aux politiques les enjeux auxquels sont confrontés les industriels.

Cette initiative, baptisée « La Fabrique de l’industrie », se considère davantage comme un « laboratoire d’idées », à l’instar de l’Institut Montaigne ou de Terra Nova, qu’un instrument exclusivement dédié au lobbying. « Elle fournit de la matière pour le débat public que nous souhaitons sur l’industrie », indique son président Louis Gallois sur le site Web dédié, symbole du besoin d’expression ressenti par la filière.

La Chambre de commerce et d’industrie de Paris se prononce pour sa part pour des actions plus fortes, employant ouvertement le terme de « lobbying ». Dans un rapport divulgué fin septembre, elle pointe le manque d’action des entreprises française. Deux recommandations fortes sont émises par l’organisme consulaire : d’une part, « mieux identifier les consultations de la Commission européenne décisives pour son secteur d’activité », et, d’autre part, mieux intégrer « le rôle croissant des think tanks dans le jeu d’influence des idées » aux actions menées.

« Si on prend l’exemple de la France, la France a vu son industrie perdre des parts de marché, perdre de la puissance », explique à BFM Business le président de l’UIMM, Frédéric Saint-Geours. Ce diagnostic a également été dressé, la semaine dernière, dans un rapport publié par Coe-Rexecode. Les exportations françaises sont bien en-deçà de celles réalisées par l’Allemagne, à des niveaux de produit intérieur brut comparables (23% et 27% du PIB de la zone euro). Pour Isabelle de Kerviler, du Conseil économique, social et environnemental, « la France doit aimer l’industrie pour la rendre compétitive. Pompidou l’avait déjà dit mais c’est encore vrai aujourd’hui ».

Partage, contrat, concurrence et démondialisation

Interrogée par L’Usine Nouvelle, cette commissaire aux comptes, en charge des activités économiques au CESE, propose une meilleure répartition de la valeur produite par diverses entreprises dans le cadre de la sous-traitance, mais également de voir l’Etat jouer un rôle plus actif dans la défense de ses secteurs de pointe, notamment par le biais d’actions telles que le grand emprunt. Pour la Commission européenne, il est davantage prioritaire, selon un récent rapport, d’améliorer la compétitivité extérieure du pays et de tendre vers plus de changements structurels.

Les partis politiques ont également leur mot à dire, échéances électorales – présidentielle et législatives – obligent. Délibérément consensuel dans ses visées« Notre économie a besoin de champions industriels européens et Français. Ce seront ces nouveaux fleurons d’une industrie de pointe qui pourront faire nos emplois de demain » – le Parti socialiste, à la Une de l’actualité ces dernières semaines, l’est beaucoup moins en matière de propositions.

Une réduction significative de la part accordée à l’énergie nucléaire et, pour l’ensemble des entreprises, davantage de contraintes en matière d’embauches et de licenciements sont au programme. Un « contrat pour l’industrie » pourrait, en cas de victoire, être annoncé par François Hollande. A l’UMP, dans l’attente de propositions plus concrètes, on se félicite d’avoir vu le Crédit d’impôt recherche se développer, tout comme le nombre d’entreprises. Le parti présidentiel estime par ailleurs que « le problème n’est pas la concurrence déloyale avec la Chine, mais notre compétitivité avec nos voisins européens », telle une attaque en direction du PS et du concept, en vogue suite au résultat d’Arnaud Montebourg à la primaire, de « démondialisation ».

Le rôle de l’industrie à l’international, tel pourrait être un des prochains thèmes majeurs de la campagne qui s’annonce.

Publié dansEntreprisesIndustriePolitique éco