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L'immobilier commercial face à la crise

Les inquiétudes sur la consommation des ménages inquiètent davantage les investisseurs que les promoteurs de centres commerciaux, qui multiplient les initiatives.

Baisse du pouvoir d’achat, moral des ménages au plus bas: les médias ajoutent chaque jour une page de plus au pessimisme qui toucherait actuellement les Français. Mais ceux-ci semblent toujours continuer à fréquenter les centres commerciaux, si l’on en croît la profession. La 14ème édition du Marché international des professionnels de l’implantation commerciale est l’occasion de faire le point sur ce secteur.

« Le développement des centres commerciaux va se poursuivre en 2009. Il est possible qu’au-delà de cette date certains projets soient reportés en raison des incertitudes assombrissant les perspectives de croissance économique d’un grand nombre de pays« , explique au site E24 Christian Dubois, directeur général du cabinet Cushman and Wakefield France. Les difficultés de financement de grands projets immobiliers pénalisent les promoteurs dans leur volonté de développer les surfaces commerciales, mais les travaux engagés tiennent l’instant tenir la route: en 2009, près de 15 nouveaux millions de mètres carrés sont ainsi prévus en Europe. La résistance du modèle du centre commercial semble conforter les investisseurs: en 2007, près de 40 millions de visiteurs parisiens ont transité non pas par un monument mais par… le Forum des Halles. Dans une interview publiée par Les Echos, le président de son propriétaire Unibail-Rodamco s’en explique: « l’attrait du grand centre commercial est renforcé par temps de crise, car il constitue un loisir à moindres frais à partager en famille ou entre amis« . La fonction de lieu de socialisation est donc réaffirmée.

La foncière, qui détient 11 des 25 plus grands centres commerciaux en Europe et prévoit d’accroitre son chiffre d’affaires en 2009, a cependant vu son cours de Bourse massacré: depuis le 1er janvier, il a perdu près de 33 %. Les investisseurs se montrent frileux quant au secteur. Avec seulement 850 millions d’euros investis à fin septembre 2008, les engagements en immobilier de commerce (achat et vente) accusent une chute de 71 % par rapport à l’année dernière à la même période. En France, les ventes dans les centres commerciaux sont en recul de 0,8 % sur un an, une situation qui pourrait être contenue par de massives opérations promotionnelles et le recul des prix du pétrole. « Il y a eu un effet dissuasif du prix à la pompe sur la consommation dans les centres commerciaux auxquels on accède en voiture« , indique au Figaro Christian Dubois.

Le développement des centres commerciaux pourrait se poursuivre dans les lieux de passage constitués par les gares et les aéroports. Roissy se dotera en 2011 d’une galerie à part entière, Aéroville, qui visera à compléter l’offre existante. Monoprix lorgne également ce créneau, avec l’ouverture mardi dernier à Châtelet-les-Halles d’une supérette. Les boutiques installées dans les gares génèrent 1 milliard de chiffre d’affaires par an, suscitant les convoitises. Prochaine étape, la construction de 80 boutiques au coeur de la gare Saint-Lazare à Paris, un projet rendu possible par le fort maillage en transports en commun. En dépit des contraintes de financement et à la croisée des chemins, il devrait y avoir à l’avenir toujours plus de mètres carrés pour assouvir vos envies de shopping…

Publié dansEconomieEntreprises