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Internet: quel modèle économique pour les sites d’info ?

De la difficulté de trouver le bon modèle économique pour la presse en ligne.

En annonçant son intention de faire évoluer le modèle économique des sites internet de ses journaux, le magnat de la presse Rupert Murdoch a apporté une pierre au débat sur la viabilité des sites internet issus des journaux. Alors que le print semble condamné à une remise en question perpétuelle pour conserver et rajeunir son lectorat, l’internet permet de toucher immédiatement une large catégorie de lecteurs, de capitaliser sur des marques fortes, et de proposer de l’actualité en temps réel mais aussi permettre une diffusion plus large des contenus initialement rédigés pour l’édition imprimée.

Murdoch est confronté au même défi que les autres éditeurs : comment accroitre les revenus sur internet, et rentabiliser de coûteux sites ? Un lecteur sur le net rapporte encore beaucoup moins qu’un lecteur du print, le marché de la publicité fait les frais de la crise, l’offre gratuite présente en ligne est pléthorique. Dans ce contexte, inciter le lecteur à payer par un écran interposé, à l’instar du papier, semble une solution examinée de près par de nombreux patrons de presse. Le site du Wall street journal restera payant (la formule actuelle connaît un franc succès), et d’autres titres pourraient aussi inciter leur lectorat à mettre la main à la poche.

« Nous sommes au coeur d’un débat décisif sur la valeur des contenus et il est devenu évident que, pour de nombreux journaux, le modèle actuel ne fonctionne pas », s’est justifié le patron du Times et du Sun britanniques. Ces deux derniers titres seraient, à en croire différentes sources, les premiers concernés par ce nouveau modèle, qui entrerait en application d’ici un an. Les contenus issus de l’édition imprimés devraient être les principaux articles retirés de la zone libre d’accès, à l’instar des Echos ou de la Tribune qui restreignent la lecture de leurs éditions du jour.

Les pure-players tels que Mediapart, Rue89 ou Bakchich font face au même problème. Mediapart a décidé, depuis son lancement en mars 2008 par Edwy Plenel, de s’affranchir de la publicité et de l’actualité pure pour proposer des analyses intégralement payantes, à 9 euros par mois. Les prévisions de souscription, ambitieuses, ont été drastiquement revues à la baisse. Bakchich, fondé par un ancien journaliste du Canard enchainé, fait désormais payer ses « off » et un journal en PDF hebdomadaire, mais traverse des heures difficiles. Quant au pionnier Rue89, lancé il y a deux ans, il tente de compenser la faiblesse de ses revenus publicitaires par des activités externes de créations de sites et de formation. Leur audience, qui peine à dépasser le million de visiteurs mensuels, est un problème face aux annonceurs.

Dans ce dédale de modèles économiques, une expérience particulièrement observée est celle du Monde : une marque très forte reconnue à l’international, un site internet mêlant actualité chaude à l’accès gratuit et une zone payante reprenant des contenus du print et des dossiers à forte valeur ajoutée. Et il atteint la rentabilité, se payant même le luxe de recruter des abonnés… à l’édition imprimée.

Publié dansEconomieEntreprises