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Immobilier : les transactions en recul dans un contexte de crise du crédit

« Jusqu’à fin septembre, ce marché était très dynamique. Depuis une dizaine de jours, la situation a changé. La crise financière a marqué la fin d’une époque », constate dans Le Figaro Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes France. Pourtant, le secteur concerné touche une frange précise de la population : l’immobilier de luxe, tiré par les ventes au sein des grandes villes, fait les frais de la conjoncture. Les professionnels doivent se rabattre sur des investisseurs étrangers, plus difficiles à convaincre, pour tenter de stabiliser leurs ventes. Les chinois font partis des rares acquéreurs qui paient encore le plus fort, raconte-t-on dans le milieu.

La crise fait donc apparaître la nécessité pour les professionnels de l’immobilier d’élargir leur cible. Le marché français est pénalisé par la restriction des crédits logements. « Le troisième trimestre marque une formidable accélération de la dégradation des crédits accordés car le recul avait été de 11% au premier semestre » explique pour sa part le professeur d’économie à l’université de Paris-X Michel Mouillart. Entre les troisièmes trimestres 2007 et 2008, leur distribution a reculé de 26.3% en valeur. « Nous sommes confrontés à une véritable crise bancaire. Si les banques ont distribué plus de 10 milliards d’euros de crédit l’an dernier (en hausse de 5% par rapport à 2006), aujourd’hui elles ne sont plus décidées à prendre de risques. Preuve : elles refusent désormais un tiers des dossiers d’emprunt sur 30 et 25 ans », indique dans L’Expansion Ari Bitton, directeur associé d’AB Courtage.

Cette raréfaction de l’octroi de crédits entraîne le marché dans une période difficile. Selon les Notaires de France, le nombre de transactions immobilières devrait chuter cette année de 25%. L’immobilier neuf semble particulièrement affecté : « la baisse des ventes au troisième trimestre devrait être comprise entre -40% et -55% par rapport au trimestre correspondant de 2007 », selon le président de la Fédération des promoteurs constructeurs Jean-François Gabilla. Le réseau Orpi a ainsi récemment annoncé la fermeture de 50 agences et son repositionnement sur le créneau des « solutions immobilières », un concept plus large que celui des seules transactions.

Malgré ces déclarations pessimistes, les Notaires de France préfèrent voir l’avenir avec davantage d’optimisme. Ils ne croient pas « en l’état actuel à une baisse très prononcée des prix sur 2009, sauf si la crise financière devenait économique avec une augmentation brutale et volumineuse du chômage », ont-ils souligné.

Publié dansEconomieEntreprises